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Air Canada veut voir le projet de loi C-10 adopté tel quel

La direction d'Air Canada a plaidé sa cause mardi en faveur de l'adoption du projet de loi C-10 devant le comité sénatorial des Transports et des Communications. Ce projet de loi assouplit les conditions d'entretien imposées à Air Canada.

Le vice-président des Affaires gouvernementales et des Marchés régionaux d'Air Canada, Kevin C. Howlett, a clairement laissé entendre que la loi C-10 devait être adoptée telle quelle à défaut de quoi la compagnie pourrait remettre en question son entente sur l'achat d'avions C Series et l'installation de centres d'excellence au Québec et au Manitoba.

M. Howlett s'est adressé aux sénateurs en martelant qu'Air Canada est une société privée et qu'elle ne doit pas être traitée comme si elle était encore une société d'État. « Si le projet de loi C-10 n'est pas adopté, nous ne créerons pas de centres d'excellence, ni au Manitoba ni au Québec », a-t-il dit au sénateur conservateur Donald Neil Plett du Manitoba.

« [Air Canada] n'est pas prêt à faire des investissements de cette envergure dans un contexte d'incertitude juridique. Il a des solutions de rechange au C Series, il y a d'autres fabricants qui produisent des avions comparables », a aussi répondu M. Howlett au sénateur du Manitoba, qui lui demandait combien Air Canada a économisé depuis qu'elle confie à une compagnie israélienne ce qu'Aveos effectuait avant de faire faillite.

Récemment, la ministre de l'Économie du Québec, Dominique Anglade, a dit redouter l'adoption de la loi avant la finalisation de l'entente intervenue avec Air Canada, soit une commande de 45 avions C Series à Bombardier et une option pour 30 avions en plus de créer un centre d'excellence au Québec pour l'entretien des avions d'Air Canada et d'autres transporteurs. Air Canada s'engageait à y effectuer l'entretien des avions de la C Series pour une période minimale de 20 ans.

Rappel des événements

En 1988, Ottawa avait introduit la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada afin de conserver les emplois d'entretien au Canada lors de la privatisation de l'ancienne société d'État. Air Canada avait contourné cette loi en vendant sa division d'entretien à Aveos en 2007. Cette dernière a cessé ses activités en 2012, faute de travail. Près de 2600 employés, dont 1800 à Montréal, ont perdu leur emploi. 

Le gouvernement du Québec avait appuyé le syndicat d'Aveos et entrepris une poursuite contre Air Canada. Il s'est finalement entendu avec Air Canada en février dernier et a alors laissé tomber sa poursuite.

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