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Airbnb chiffre son apport à l’économie torontoise à 417 M$

L'entreprise américaine Airbnb, le site de location et de réservation de logements de particuliers, a doublé son chiffre d'affaires à Toronto au cours de l'année passée.

Un texte de Lyne-Françoise Pelletier

C'est ce que révèle un rapport de son directeur des politiques internationales, Chris Lehane, qui prononçait une allocution au Club économique du Canada.

Les utilisateurs d’Airbnb ont dépensé 417 millions de dollars à Toronto en 2016, selon l’entreprise. Près des trois quarts de cette somme ont été dépensés dans des commerces locaux notamment dans des restaurants, des magasins ou dans des entreprises de divertissement.

Le rapport démontre que les hôtes torontois en ont aussi tiré profit.

Les propriétaires gardent 97 % des recettes provenant de locations à court terme. Le revenu annuel d’un hôte d'Airbnb est d’environ 5330 $ soit approximativement 450 $ par mois.

Toujours selon la compagnie, à peu près 40 % d’entre eux comptent sur ce revenu additionnel pour joindre les deux bouts, payer un prêt hypothécaire, un loyer ou la facture d’épicerie.

Payer les taxes

Chris Lehane, d’Airbnb, croit que le marché de Toronto prendra de l’expansion parce que c’est une destination attrayante pour les touristes.

Selon lui, les Villes et les gouvernements subissent d’énormes pressions financières. Et sa compagnie est prête à contribuer au financement de la Ville et de ses services.

Nous nous engageons à payer des taxes.

Chris Lehane, directeur des politiques internationales pour Airbnb

L’entreprise américaine perçoit et verse la taxe de séjour aux Villes qui en font la demande. Elle a signé des ententes avec plus de 200 municipalités autour du monde.

Toronto prévoit imposer une taxe hôtelière en 2017. La Ville espère recueillir ainsi des recettes de 5,5 M$.

Des failles

Airbnb soutient que 80 % des propriétaires qui utilisent le site louent une chambre dans leur résidence principale. Toutefois, un rapport du Centre canadien de politiques alternatives révèle que 13 % des hôtes qui ont plus d’une propriété inscrite sur Airbnb récoltent 46 % des revenus à Toronto.

La coalition Fairbnb, un organisme qui revendique la réglementation des locations à court terme, estime que ces propriétés sont au fond des hôtels qui échappent aux règlements de zonage municipal et à l’impôt foncier commercial.

Sa présidente Lis Pimentel ajoute que cette situation contribue aussi à la crise du logement abordable à Toronto.

Si Airbnb prend encore plus d’expansion, nous n’aurons plus d’endroit pour nous loger.

Lis Pimentel, présidente de la coalition Fairbnb

La Ville de Toronto doit réglementer cette industrie, ajoute-t-elle.

Un rapport des fonctionnaires municipaux concernant un nouveau cadre législatif pour les locations à court terme est attendu au mois de juin.