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ALENA : des avancées, mais encore du travail à faire, selon Trudeau

Une offre très intéressante pour l'industrie automobile du Canada, des États-Unis et du Mexique est sur la table de négociations de l'ALENA, a déclaré le premier ministre Justin Trudeau devant l'Economic Club de New York, jeudi. Cependant, Ottawa et Mexico sont toujours fortement opposés à la clause crépusculaire demandée par les États-Unis.

Cette clause obligerait les pays membres à renégocier l'accord de libre-échange tous les cinq ans pour éviter qu'il vienne à échéance.

En cette « date butoir » du 17 mai, échéance avancée par le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, pour qu'un accord puisse être étudié puis adopté par le Congrès américain avant les élections de mi-mandat, M. Trudeau a dit être optimiste pour la suite des choses, tout en reconnaissant qu’il restait encore du travail à faire.

« Nous avons fait beaucoup de progrès sur les sujets en litige, particulièrement concernant l’industrie automobile. En cette matière, des propositions acceptables pour les trois partenaires et l’industrie sont présentement étudiées », a-t-il indiqué.

Le premier ministre n’a toutefois pas caché que la clause crépusculaire était toujours un « point d’accrochage » de la négociation entre le Canada et le Mexique d’un côté et les États-Unis de l’autre.

M. Trudeau a expliqué que les deux pays craignaient l’effet dissuasif qu’une telle clause pourrait avoir sur les investisseurs.

« Si tu acceptes de construire un bâtiment sur une parcelle de terre, mais que tu ne peux conserver le bail que pour cinq ans, après quoi tu le perds, tu ne seras peut-être pas intéressé à investir », a utilisé comme métaphore M. Trudeau, affirmant vouloir utiliser une image pouvant être comprise par un habitué des transactions immobilières, une référence évidente au président Trump.

« Dans ce genre d’incertitude autour de l’investissement, peut-être que peu de gens d’affaires voudront faire des investissements au Canada, quand on sait que ceux-ci cherchent plutôt à investir pendant 15, 20, 25 ans », a-t-il poursuivi.

« Nous avons travaillé significativement pour régler les problèmes perçus par les États-Unis, et nous allons continuer », a aussi déclaré le premier ministre.

Peut-être deux semaines de plus

Par ailleurs, la date butoir informelle du 17 mai pourrait être repoussée de deux semaines, a indiqué jeudi Paul Ryan, qui laisse ainsi planer l’espoir qu’un accord de libre-échange renouvelé puisse être conclu cette année entre les trois pays.

Dans ce but, une délégation de hauts responsables canadiens a fait le déplacement à Washington jeudi afin d’en discuter, dont Brian Clow, l'homme de confiance du premier ministre Trudeau pour les affaires américaines, ainsi que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en charge du dossier.

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