Retour

ALENA : des chambres de commerce canadiennes veulent protéger les frais douaniers

Les chambres de commerce de plusieurs villes frontalières de l'Ontario demandent au gouvernement canadien de ne pas céder aux pressions des Américains et de préserver les frais douaniers sur la marchandise exportée des États-Unis vers le Canada. Une concession qui pourrait faire mal aux commerces locaux de plusieurs villes frontalières selon elles.

Un texte de Colin Côté-Paulette

Dans une action commune, les chambres de commerce de Windsor-Essex, de Sarnia-Lambton, de Niagara, de Sault Ste. Marie et de Thunder Bay, demandent au gouvernement fédéral de ne pas augmenter le « seuil de minimis » qui établit la valeur d'un produit américain entrant au Canada à partir de laquelle des frais de douanes s'appliquent.

Le seuil est actuellement de 20 $, mais les États-Unis demandent que ce montant soit porté à 800$, dans le cadre des renégociations de l'ALÉNA.

Si cette demande était acceptée par les autorités canadiennes, une paire de souliers d'une valeur de 200 $ commandée en ligne des États-Unis ne serait soumise à aucuns frais douaniers à son arrivée au Canada.

« Si vous augmentez ce montant, cela va faire encourager les Canadiens à acheter davantage en ligne et cela va avoir un impact sur les commerces traditionnels », explique le président de la Chambre de commerce de Sault Ste. Marie, Rory Ring.

D'après les chambres de commerce, ce sont 300 000 emplois qui pourraient se perdre d'ici 2020, si le gouvernement prenait cette décision.

« Ce serait un autre défi pour convaincre les consommateurs que d'acheter local est bon pour la prospérité économique de leur région », croit M. Ring.

La présidente de la Chambre de commerce de Sarnia-Lambton, Shirley De Silva, abonde dans le même sens.

Les villes frontalières davantage touchées

L'augmentation du seuil pourrait être pire pour les villes frontalières, comme Windsor, Sarnia et Sault Ste. Marie, selon Mme De Silva.

« C'est plus important pour ces villes-là parce que les gens traversent la frontière quotidiennement pour diverses raisons. Ça veut dire qu'il y a énormément d'achats qu'on perd du côté canadien », soutient-elle.

Mme De Silva souligne également que le gouvernement n'aurait aucun avantage fiscal à prendre une telle mesure, mais que la pression des lobbyistes américains est forte.

Elle ajoute que la majorité des Américains ne font pas d'achats en ligne en provenance du Canada, alors que 67 % des Canadiens achètent des produits aux États-Unis.

M. Ring, lui croit que le Canada pourrait faire cette concession afin de sauver in extremis l'ALÉNA.

La sixième ronde des renégociations du traité de libre-échange a lieu jusqu'au 27 janvier à Montréal.