Retour

ALENA : Freeland a bon espoir de parvenir à un accord satisfaisant pour tous

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, croit toujours qu'un accord permettant de renouveler l'ALENA à la satisfaction du Canada, des États-Unis et du Mexique soit conclu prochainement, alors que Washington souffle le chaud et le froid en laissant planer la menace de tarifs à l'importation pour l'acier et l'aluminium.

En déplacement au Bangladesh pour analyser les efforts du Canada et de la communauté internationale pour juguler la crise des réfugiés Rohingyas, la ministre Freeland a été rattrapée par la question toute nord-américaine des négociations commerciales entre Ottawa, Washington et Mexico.

Il y a une semaine, Mme Freeland et le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo, quittaient la capitale américaine « dans l'incertitude », après une semaine de pourparlers.

Au coeur des négociations serrées, entre autres sujets délicats, se trouve la question du pays d'origine des pièces automobiles. Les États-Unis réclament ainsi qu'une plus grande part de ces pièces soient fabriquées en territoire américain.

« Lorsque je retournerai à Washington, la semaine prochaine, pour y retrouver mes collègues, la question des règles d'origine sera l'un des principaux sujets abordés », a-t-elle ajouté, avant de préciser que les futures propositions américaines en la matière seraient présentées aux industries canadienne et mexicaine.

Dans le cadre d'une conférence téléphonique, la ministre Freeland a toutefois affirmé vouloir se garder de présumer des conclusions des tractations en cours, alors que toutes les parties « ont largement discuté de la question des pièces automobiles, et ont présenté les différents points de vue à leurs industries respectives ».

« Discussion élaborée », « échanges approfondis », « échanges bilatéraux et trilatéraux »... À l'image d'autres échanges avec la presse sur les négociations en cours pour moderniser l'ALENA, la ministre Freeland n'a pas voulu se prononcer plus avant sur l'avancement des négociations, et surtout sur la possibilité d'un accord tronqué, avec un possible isolement des questions conflictuelles, telle celle des pièces automobiles.

Les délégations des trois pays doivent se retrouver à Washington, la semaine prochaine.

« Je crois que nous arriverons avec une volonté commune de faire avancer les choses », a poursuivi Chrystia Freeland.

Pas question, non plus, de déterminer une date fixe à laquelle la ministre quitterait la capitale des États-Unis pour rentrer à Ottawa : « Nous nous engageons fermement à faire tout ce qui est nécessaire pour obtenir un résultat avantageux pour tous. Nous serons là-bas, nous travaillerons aussi dur que nécessaire pour obtenir un accord bénéfique pour les Canadiens. »

Les tarifs, l'arme de Trump?

La renégociation de l'ALENA, déjà un dossier particulièrement complexe, est rendue plus périlleuse par les affirmations du négociateur américain, Robert Lightizer, qui soutient que les tractations sont liées à la possible imposition de tarifs douaniers à l'importation d'acier et d'aluminium.

 Les États-Unis menacent d'imposer de telles taxes aux produits canadiens et mexicains d'ici le 1er juin.

L'imposition de ces droits de douane, qui devait initialement entrer en vigueur le 1er mai, a été repoussée à la dernière minute par l'administration Trump, en début de semaine.