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ALENA : l’imprévisibilité de Trump est préoccupante, selon Pierre-Marc Johnson

« C’est étonnant que le président désigné des États-Unis, qui entre en fonction à la fin du mois de janvier, semble faire du caractère imprévisible de ses décisions une pierre d’angle de sa présidence. [...] Les relations diplomatiques, qu’elles soient reliées aux enjeux de sécurité, aux enjeux militaires, même aux enjeux économiques, doivent d’abord et avant tout trouver leur source de stabilité dans la prévisibilité des acteurs. Or, Monsieur Trump, jusqu’à maintenant, a démontré qu’il était imprévisible. Espérons que les choses changeront au fur et à mesure que ses amis du Sénat y apporteront une dose de sagesse. »

En attendant, le Canada exprime de l’ouverture à relancer des négociations sur l’ALENA puisque les intentions du futur président à ce propos semblent claires. Dans un mémo préparé par l’équipe de transition de Donald Trump et obtenu par CNN, on peut lire que le futur président a placé l’avenir de l’ALENA comme étant l’une des cinq priorités de ses 200 premiers jours au pouvoir. « L’effet d’une demande de renégociation se fera sûrement sentir par les Mexicains d’abord, affirme Pierre-Marc Johnson, et ensuite par nous dans certains dossiers. »

Le négociateur du Québec dans le dossier du libre-échange avec l’Union européenne remarque aussi que l’une des priorités de Donald Trump, c’est de favoriser les accords bilatéraux, ce qui est en continuité avec la politique étrangère historique des États-Unis. Pierre-Marc Johnson prévient que « la négociation bilatérale est une chose qui a toujours avantagé les États-Unis. »

Les atouts du Canada

Cela dit, le gouvernement canadien se montre ouvert à négocier « parce qu’on a quelques cartes dans notre jeu, nous aussi » selon Pierre Marc-Johnson. « Dans ce cas-ci, ce qui est remarquable, c’est que les États-Unis ont élaboré une stratégie d’auto-suffisance énergétique il y a longtemps. Et nous faisons partie de la politique d’auto-suffisance énergétique. Donc, rouvrir l’ALENA dans un contexte où on contrôle un peu des robinets importants d’électricité, de gaz et de pétrole, ce n’est pas neutre pour les Américains. »

Par ailleurs, de l’avis de Pierre-Marc Johnson, le Partenariat Transpacifique est voué à l’échec. Donald Trump s’y oppose fortement. Et, une « guerre commerciale mondiale », comme l’affirme The Economist, est possible. Trump a le pouvoir de créer cette « guerre », selon l'ancien premier ministre. Des barrières tarifaires sur les produits chinois pourraient entraîner des mesures de représailles de Pékin. C’est une véritable « boîte de Pandore » qui serait ouverte, affirme Pierre-Marc Johnson, si les États-Unis vont de l’avant avec une telle politique.