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ALENA : la gestion de l'offre sera préservée, assure Raymond Bachand

Le négociateur en chef du Québec dans le dossier de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) a réitéré lundi que la gestion de l'offre représente une « ligne rouge » intouchable, admettant toutefois que des compromis demeurent envisageables dans tous les secteurs.

« La gestion de l’offre, elle va être préservée. C’est une position ferme du Québec, mais aussi du Canada », a martelé Raymond Bachand en entrevue à ICI RDI.

L'ancien ministre des Finances a voulu rassurer les Québécois, notamment quant à la préservation du système canadien de quotas et de contrôle des prix dans l'industrie laitière, qui a été fortement critiqué par le président américain Donald Trump.

« Ils n’ont pas grande leçon de morale à nous donner de ce côté-là », a ajouté M. Bachand, soulignant que les États-Unis protègent eux-mêmes leur marché laitier de façon considérable.

À savoir si une ouverture était possible, par exemple sur une modification des points de pourcentage des quotas, M. Bachand a évité de se prononcer, se contentant d'admettre qu'il « peut y avoir des échanges dans tous les secteurs ».

Ottawa peut-il se passer de l'accord du Québec?

Après la gestion de l'offre, l'exception culturelle est deuxième sur la liste des priorités du Québec, a indiqué l'ancien ministre.

Cette exception établit le droit pour un pays d'exclure la culture des échanges commerciaux, parce qu'elle n'est pas considérée comme une marchandise.

Bien que les provinces ne soient pas présentes à la table des négociations, M. Bachand assure que ce droit sera défendu par Ottawa.

« Le gouvernement du Québec reste maître d'oeuvre de ses politiques culturelles dans son champ de juridiction », a souligné le négociateur.

Or, l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper avait consenti à une augmentation de l'importation des fromages d'Europe, et ce malgré les protestations des producteurs québécois et ontariens. Est-ce à dire qu'Ottawa peut se passer de l'accord du Québec?

« Avec l'Europe, le Québec était à la table », rappelle M. Bachand.

« Ça a été échangé pour un accès à un marché de 500 millions de personnes, y compris dans les produits agricoles et les produits marins, et ça va être très bénéfique pour le Québec », a-t-il précisé, ajoutant que dans le cas de l'ALENA, les États-Unis ne disposent pas de nouveaux marchés à offrir comme monnaie d'échange.

Renforcer l'Amérique du Nord face à l'Asie

La fluidité à la frontière, pour soulager les PME des tracasseries administratives parfois lourdes, et la mobilité des personnes, notamment des cadres d'entreprises, figurent également sur la liste des priorités du Québec, ainsi que la protection de l'environnement.

« Si on peut rendre cet accord nord-américain plus moderne au niveau des lois du travail et de l'environnement, ça peut servir de base pour d'autres négociations dans le monde », a indiqué M. Bachand, soulignant que la principale concurrence pour le Québec et le Canada provient d'avantage de l'Asie que des États-Unis.

« On critique les États-Unis sur l’environnement, mais il y a beaucoup d’autres pays sur la planète où les échanges sont inéquitables parce qu’il n'y a aucune protection environnementale, et donc ils produisent à plus bas coûts », a-t-il souligné.

Les négociations entre le Canada, le Mexique et les États-Unis débuteront mercredi à Washington. Elles seront composées de sept rondes de cinq jours réparties jusqu'à la fin de l'année.

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