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ALENA : le Canada prendra « le temps qu’il faut » pour arriver à une « bonne entente »

Au terme d'une réunion importante vendredi à Washington, les ministres représentant le Canada, le Mexique et les États-Unis ont décidé de mettre en veilleuse les négociations sur le renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), afin de rentrer dans leur pays respectif et consulter des représentants de l'industrie.

Cette pause, d'une durée indéterminée, intervient à moins d'une semaine de la date butoir établie par les États-Unis pour qu'une nouvelle entente soit signée en 2018.

« Nous avons fait du bon progrès, du progrès considérable », a indiqué la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, lors d’une mêlée de presse, vendredi après-midi, à Washington.

Mais il ne semble pas y avoir eu une percée assez importante pour que les ministres canadien, mexicain et américain restent à Washington cette fin de semaine pour négocier, ou encore qu’ils se donnent rendez-vous la semaine prochaine.

Ils se sont plutôt entendus pour rentrer au bercail afin de consulter les diverses parties prenantes de l'industrie et leur faire part du travail accompli.

Selon Mme Freeland, les ministres vont garder le contact par téléphone.

« Nous prévoyons nous rencontrer à nouveau quand ce sera nécessaire, et je crois que ce sera bientôt », a-t-elle dit.

Les États-Unis ont fixé la date butoir au 17 mai pour qu'un accord sur l’ALENA soit conclu cette année.

La perception à Washington est qu'il serait probablement impossible d'obtenir un vote cette année sur tout accord conclu après cette date, et que s'il n'y a pas de dénouement cette année, un nouveau Congrès examinerait la question après les élections de mi-mandat à l'automne.

Malgré ces délais serrés, Mme Freeland soutient que la position du Canada n’a pas changé.

Est-ce encore possible d’en venir à une entente avant le 17 mai?

Mme Freeland répond que l’ALENA est une entente « extrêmement compliquée » et que c’est important de « bien faire les choses ».

Elle rappelle aussi que depuis le mois de mars, le rythme des discussions s’est accéléré.

« Un accord terrible »

À la Maison-Blanche, vendredi, le président américain a de nouveau qualifié l’ALENA de « terrible », lors d'une rencontre avec des cadres d'entreprise du secteur automobile.

Le représentant mexicain au commerce a répondu à ce commentaire en disant que les négociations ne se font pas sur des points de vue, mais sur des faits.

De son côté, Chrystia Freeland a indiqué que son interlocuteur n’était pas le président américain.

« Mon homologue, comme vous le savez, est l’ambassadeur [Robert] Lighthizer. Cela dit, nous savons que le président a été clair depuis longtemps sur sa vision de l’ALENA. »

Par ailleurs, le secteur automobile a été au cœur des discussions cette semaine à Washington entre les ministres des trois pays.

« Nous croyons qu’il existe un moyen de régler le dossier automobile, a indiqué le ministre mexicain Ildefonso Guajardo, vendredi. Je pense que nous essayons de faire de bons efforts. Nous n’en sommes pas encore rendus à la définition finale. »

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