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ALENA : les absents ont toujours tort, dit Mulroney devant des sénateurs américains

Le ton vigoureux et le verbe tranchant, l'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney a défendu l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) devant le comité du Sénat américain sur les affaires étrangères, mardi, à Washington. « Les absents ont toujours tort », a-t-il lancé au lendemain du sixième cycle de renégociations à Montréal.

M. Mulroney a rappelé que l’ALENA avait bénéficié tant aux États-Unis qu'au Canada sur le plan économique et sur celui de la relation bilatérale qu'il a décrite comme la plus pacifique et prospère de l'histoire.

En entrevue à RDI économie, mardi soir, l’ancien premier ministre progressiste-conservateur a confié qu’il voulait convaincre les sénateurs que l’ALENA est « un petit bijou ». L’accord a permis la création de « 55 millions d’emplois depuis le début de l’ALENA dans nos trois pays, la plupart aux États-Unis », a-t-il rappelé.

Pour celui qui a signé l'ALENA en décembre 1992 avec ses vis-à-vis – les présidents américain George H. W. Bush et mexicain Carlos Salinas de Gortari – , il ne faut pas mettre cet accord de côté « de façon capricieuse ».

Le message était à la fois adressé aux sénateurs américains et à l’administration de Donald Trump, a reconnu M. Mulroney. Un dialogue avec les sénateurs, mais aussi un message de « sérénité et de confiance » en direction de la Maison-Blanche.

Le rôle important du Congrès américain

Brian Mulroney rapporte qu’un des sénateurs a déclaré qu’il était convaincu de l’importance de l’ALENA et qu’« il n'y a personne ici qui va accepter la négation ou la destruction de l’ALENA. On y croit et on veut l’améliorer, le moderniser, mais on veut le conserver ».

Pour l'ex-premier ministre, « c’est un message très important pour l’administration » parce que le Congrès américain a son mot à dire advenant une décision de mettre fin à l’accord.

Brian Mulroney croit que le premier ministre Justin Trudeau « sera en mesure de voir M. Trump et de le convaincre de la nécessité de mettre peut-être de l’eau dans son vin pour arriver à une conclusion favorable aux trois parties ».

Sur la question des pertes d’emplois aux États-Unis au profit du Mexique, lesquelles constituent un des arguments du président Trump pour critiquer l’ALENA, M Mulroney les renvoie plutôt « à la technologie ».

Cet argument ne tient pas, martèle M. Mulroney, qui rappelle que « le taux de chômage aux États-Unis est de 4,1 %, le plus bas de tous les pays industrialisés et au monde ».

L'ancien premier ministre croit toutefois qu'« il y aura ultimement une entente qui ne sera pas parfaite, mais quand même très raisonnable et bénéfique pour les trois parties ».