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ALENA : les incertitudes font de l’ombre au salon de l’auto de Détroit

ENVOYÉ SPÉCIAL - Le 30e Salon international de l'automobile de Détroit s'est ouvert cette fin de semaine, mais les incertitudes autour de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ont fait de l'ombre à l'un des plus importants rassemblements de l'industrie automobile.

Cette industrie est au cœur des négociations entourant l’ALENA, Washington souhaitant que plus de véhicules et de pièces soient construits sur le territoire des États-Unis.

La crainte que les États-Unis se retirent de l’ALENA est donc grande.

Pour Dennis DesRosiers, un analyste consultant dans l’industrie automobile présent à Détroit, cela ferait automatiquement mal aux consommateurs et les prix des véhicules pourraient rapidement bondir de quelques milliers de dollars.

Preuve de l’importance du sujet à Détroit, le conseiller spécial pour les gouvernements de l’Ontario et du Canada en matière d’automobile, Réal Tanguay, a ouvert la série de conférences sur l’innovation, du jamais vu à ce salon.

Il avait un message clair à passer à la secrétaire au Transport des États-Unis, Elaine Chao, elle aussi présente à Détroit.

Selon lui, le monde automobile n’est pas responsable du déficit commercial des États-Unis et ne devrait pas être victime des décisions de l’administration Trump, au moment même où il faut miser sur l’innovation des deux côtés de la frontière.

« Il faut collaborer et travailler ensemble. On a une industrie qui change présentement, il y a beaucoup de nouvelles technologies », a-t-il ajouté.

Elain Chao n’a pas commenté les négociations de l’ALENA, mais elle a félicité Fiat-Chrysler d’avoir choisi d’investir 1 milliard de dollars américains au Michigan plutôt qu'ailleurs. Cet investissement servira à rapatrier la production du Dodge Ram du Mexique.

Pour Benoit Charette, copropriétaire et rédacteur en chef de L’annuel de l’automobile, les Américains tenteraient d’ailleurs plus de cibler le Mexique que le Canada dans les renégociations de l'ALENA.

« Pour le milieu automobile canadien, on n’a pas à craindre ça parce que les liens entre les deux pays sont extrêmement serrés et on s’entend sur plein de choses qui vont bien au-delà de l’ALENA. Je pense que du côté des États-Unis, on veut [plutôt] limiter le Mexique dans l’équation parce que les travailleurs coûtent immensément moins cher », affirme-t-il.

Avec les informations de Philippe Leblanc, envoyé spécial à Détroit.