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Année record pour la vente de propriétés de luxe à Montréal

Dans Ville-Marie, au 3970 chemin Côtes-des-Neiges, le manoir Sparrow datant de 1909 a été complètement remis à neuf, et ce, dans le respect de l'architecture d'origine. La maison de 6800 pieds carrés sur trois étages, sans compter le sous-sol, possède notamment un cellier pouvant accueillir 3000 bouteilles de vin ainsi qu'une cuisine en marbre pour les domestiques. La totale.

Un texte de Mathieu Dion

À 4,7 millions de dollars, c'est une aubaine, selon Marie-Yvonne Paint, courtier immobilier agréé chez Royal LePage Héritage. « Le marché du luxe à Montréal se porte bien. Je pense que c'est dû au rattrapage par rapport au marché de Toronto et de Vancouver », explique-t-il.

Des chiffres qui parlent

2015 a été une année record pour la vente de maisons unifamiliales à plus d'un million de dollars sur l'île de Montréal. Selon la Fédération des chambres immobilières du Québec, 500 d'entre elles ont été vendues, ce qui représente une croissance de 18 % par rapport à 2014. Mais ce luxe répond à une rare clientèle. En effet, la vente de telles maisons équivaut à 2,2 % du marché.

Quant aux condos de luxe de 500 000 $ et plus, malgré un surplus sur le marché, les ventes vont bien. Quelque 689 transactions ont été réalisées en 2015 sur l'île de Montréal. La demande est là et les goûts des acheteurs sont variés.

« Il nous reste seulement deux penthouses sur la totalité du projet Nordelec dans Griffintown, indique Patrice Groleau de McGill Immobilier. Pour un penthouse d'une chambre à coucher de 1538 pieds carrés, il faudra débourser environ 750 000 $, taxes et garage inclus. »

Qui sont les acheteurs?

Qui, alors, achète ces propriétés de luxe? Comment expliquer l'ampleur du phénomène?

« Ce n'est pas spéculatif, ajoute Patrice Groleau. Les gens ont vraiment un intérêt de venir y résider, ultérieurement, dans un projet de retraite ou d'envoyer un jeune étudier. »

Les profils sont variés. Pour la plupart, il s'agit de gens d'affaires d'ici ou de simples travailleurs qui ont su faire de bons coups.

« Ce sont des acheteurs expérimentés qui dominent le marché, fait savoir Paul Cardinal, directeur du service d'analyse à la Fédération des chambres immobilières du Québec. Les taux d'intérêt sont bas, les gens ont réalisé des plus-values s'ils ont acheté leurs propriétés il y a quelques années. C'est un très bon moment pour ceux qui veulent passer à une catégorie de niveau supérieur. »

La baisse du dollar

La clientèle internationale demeurerait marginale, mais la baisse du dollar canadien en attire de plus en plus. Patrice Groleau s'est d'ailleurs affilié il y a moins d'un an au géant immobilier du luxe européen Engel & Volkers. Les affaires vont bien : « On devait à l'origine ouvrir un premier bureau. Là, on va en avoir ouvert déjà trois en moins de six mois. »

Si les affaires vont bien pour vous aussi et qu'une propriété de luxe vous intéresse, n'oubliez jamais la taxe de bienvenue. « Les droits de mutation pour une propriété comme le manoir Sparrow, ce sera entre 60 000 et 75 000 $, rappelle Marie-Yvonne Paint. »

Avis aux intéressés : la mise de fonds pour une telle propriété dépasse le million de dollars.

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