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Approbation conditionnelle de la vente de l’aciérie Stelco

Un juge de la Cour supérieure de l'Ontario a approuvé vendredi la vente de l'aciérie Stelco à la société américaine de fonds de placement Bedrock Industries. L'approbation est toutefois conditionnelle au succès des négociations avec les syndiqués et les retraités non syndiqués au sujet de leurs fonds de retraite, faute de quoi l'entente tombera à l'eau à l'échéance du 30 juin.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La compagnie Stelco s'était placée sous la protection la Loi sur les arrangements avec les créanciers sous le nom de US Steel Canada en 2014. Trois ans plus tard, l'entreprise, l'acheteur Bedrock Industries, les actionnaires, le syndicat des Métallos, la province et la Ville de Hamilton ont finalisé un accord à l'arraché devant les tribunaux.

Le syndicat est satisfait, parce que la liquidation des deux fonderies est évitée, mais il reste encore des détails à finaliser.

Le président du syndicat de la fonderie de Nanticoke, Bill Ferguson, est optimiste pour la suite des choses : « Le carnet de commandes est plein, les syndiqués ont obtenu une hausse de salaire, mais les caisses de retraite n'ont pas encore été toutes renflouées ».

Cinq fonds de retraite n'ont en effet pas été refinancés à 100 %. Les avantages sociaux des employés de Nanticoke ont complètement été restitués, mais ceux des Métallos de Hamilton n'ont été rétablis qu'à 70 %.

Un succès selon le juge

Dans ses remerciements aux différentes parties, le juge Wilton-Siegel a qualifié l'entente de succès.

« Personne ne sort entièrement gagnant d'un processus de restructuration, a-t-il dit, des compromis ont été nécessaires de part et d'autre, mais cet accord permettra de conserver des acquis sur lesquels bâtir un avenir plus prometteur. »

La province et la Ville de Hamilton sont également satisfaites parce qu'elles obtiennent des garanties - environnementales notamment. L'accord prévoit de vendre des terrains vacants de l'aciérie de Hamilton dont les installations ont rétréci comme une peau de chagrin depuis la première faillite en 2007.

Objectif : recapitaliser les fonds de retraite et dépolluer le site que la municipalité veut aménager à des fins récréatives et commerciales.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Charles Souza, a tenu à féliciter « toutes les parties qui ont déployé d'énormes efforts afin de trouver une solution pour protéger les emplois, les caisses de retraite, les avantages sociaux et l'environnement ».

Des terrains à aménager

Le chef de la restructuration de Stelco, William Aziz, parle d'une approche originale.

« La vente des terrains est un élément novateur de l'entente, parce que le site vaudrait son pesant d'or avec un développement approprié », dit-il.

Le réaménagement des terrains sur les bords de la rade de Hamilton reste néanmoins un projet à très long terme. La Ville de Hamilton a demandé l'aide financière de la province et du gouvernement fédéral pour réaliser le projet de revitalisation.

Seul bémol à cette entente, tout autre acheteur potentiel a encore 21 jours pour se manifester et faire une contre-offre.

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