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Asbestos : attirer les entreprises, mais aussi les familles

La municipalité d'Asbestos remonte lentement la pente après les nombreuses pertes d'emplois reliées aux fermetures de Magnola, Mine Jeffrey et Viandes Laroche. En 2017, la Ville veut poursuivre non seulement son développement économique, mais faire en sorte que les nouveaux travailleurs s'établissent sur son territoire.

Un texte d'Annie Corriveau

Depuis 2013, le Fonds de diversification économique, mis en place à la suite de l'annulation du prêt à Mine Jeffrey, a investi un montant de plus de 15,7 millions de dollars sur une possibilité de 50 millions. En 2017, la Table de diversification économique de la MRC des Sources devra ratisser plus large selon son président, Alain Lemaire.

Il faut aller à l'extérieur pour des projets de plus grande envergure.

Alain Roy, conseiller municipal d'Asbestos

M. Lemaire espère aussi obtenir la garantie que le Fonds pourra être prolongé plus tard que sa date limite en 2018. « Ça va être difficile d'investir tout cet argent-là d'ici le peu de temps qui nous reste. »

Au total, 328 emplois ont été créés ou sauvegardés depuis quatre ans grâce au Fonds. Ce résultat inclut la centaine d'emplois que va générer l'entreprise Canards du Lac Brome nouvellement installée dans les anciens locaux de Viandes Laroche. « On savait que ce serait long. On sait qu'il y a encore un bon bout de chemin à faire », rappelle le directeur général à la Ville d'Asbestos, Georges-André Gagné.

Le téléphone sonne!

Reste que tous les espoirs sont permis à Asbestos. Depuis quelques temps, des entrepreneurs en construction intéressés à développer des secteurs résidentiels téléphonent à l'hôtel de ville. « Ce qui est très positif », commente le conseiller municipal Alain Roy. Depuis une quinzaine d'années, aucune demande en ce sens n'était parvenue aux fonctionnaires municipaux.

Il y a de la place pour de la construction résidentielle, dans les écoles et dans les garderies.

Alain Roy, conseiller municipal d'Asbestos

« Il y a des emplois qui se créent à coup de dizaines. Maintenant, il faut s'assurer que ces emplois-là soient occupés par des gens qui résident chez nous : c'est notre enjeu », d'ajouter le directeur général de la Ville d'Asbestos, Georges-André Gagné.

Les agences immobilières sentent aussi ce nouvel engouement. « Dans mes clients, j'en ai plusieurs qui habitent Montréal, qui sont partis il y a 30 ans pour travailler à l'extérieur et qui reviennent s'établir ici pour la retraite », remarque l'agente d'immeuble, Sonia Fournier. Sa collègue, d'une bannière concurrente, Ghislaine Therrien, poursuit dans le même sens. « Ça bouge, mais on aimerait ça que ça bouge plus, avec de bonnes industries, de bons salaires. »

Tout n'est pas rose

La vie économique tourne néanmoins au ralenti dans les commerces. Certains propriétaires ne se prennent même plus de salaire selon Jean Boisvert qui gère la coopérative d'alimentation et le centre commercial. « J'espère que dans le futur et l'immédiat, les entreprises qui viennent s'installer pensent à demander aux gens de rester chez nous. [...] On n'a pas remplacé les gens de la mine et avec le Fonds, ce sont de petites entreprises, c'est très long. »

C'est tranquille, il ne faut pas se le cacher. On marche un peu sur le respirateur!

Jean Boisvert, directeur général de COOP Métro Plus

Le directeur général de la Ville, Georges-André Gagné, se dit satisfait du chemin parcouru. Même si Asbestos fonde beaucoup d'espoir dans l'industrie du magnésium qui pourrait exploiter les résidus miniers, elle se développe un emploi à la fois. De petites entreprises s'installent et grandissent. Un fabricant pharmaceutique s'est établi dans le parc industriel qui est nouvellement desservi par le gaz naturel et la fibre optique. Une usine de pré-traitement des eaux usées sera aussi construite en 2017 pour les entreprises agro-alimentaires. « On sent le dynamisme! » de conclure M. Gagné.

Trois histoires à succès

Malgré tout, des entreprises ont réussi à tirer leur épingle du jeu. C'est le cas de Concept Promet, de la Microbrasserie Moulin 7 et de la fromagerie L'oiseau bleau qui ont le vent dans les voiles.

Concept Promet

En 2010, Concept Promet était une jeune entreprise spécialisée dans la peinture de pièces. Depuis, son chiffre d'affaires a triplé et son nombre d'employés a doublé s'établissant à 22 personnes. « Si les projets qu'on a en vue se réalisent, on va doubler encore d'ici deux à trois ans », confie le président de l'entreprise, Eric Brown.

Microbrasserie Moulin 7

La Microbrasserie Moulin 7 offre des bières aux noms évocateurs qui parlent de l'histoire d'Asbestos. La Ciel ouvert, la 49 ou encore la 100 tonnes sont reliées à l'industrie de l'amiante. Un concept original est visible à l'intérieur du pub. « Il y a une certaine fierté d'avoir un projet qui fonctionne bien, qui crée de l'emploi et qui rayonne », de dire le copropriétaire, Danik Pellerin.

Fromagerie L'Oiseau bleu

La Fromagerie L'oiseau Bleu a pris son envol avec l'arrivée d'un couple originaire de la Colombie. Isabel Correa et son conjoint Eduardo Ibanez, font découvrir les fromages latinos et livrent jusqu'à Calgary. « On a eu la belle opportunité d'une fromagerie construite récemment. On a profité de l'installation et de l'aide d'Asbestos. » L'an prochain, ils prévoient travailler en collaboration avec une autre entreprise pour augmenter la production.

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