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Assainir les eaux usées, du Bas-Saint-Laurent à Dubaï

Le manque de relève entrepreneuriale inquiète de plus en plus de citoyens et d'intervenants du milieu économique au Bas-Saint-Laurent. Toutefois, certaines entreprises de la région sortent du lot et démontrent qu'il est tout à fait possible de faire des affaires au Bas-Saint-Laurent et d'avoir des visées internationales. Parmi celles-ci, Probiosphère se signale même si elle est très jeune.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Pierre Naider Fanfan, copropriétaire de Probiosphère, est tombé en amour avec la région dès son arrivée au Canada, en 2000. Natif d'Haïti, il a d'abord occupé un poste d'ingénieur chez Premier Tech. « Puis petit à petit, l'idée d'avoir mon entreprise a germé. Je voulais le faire ici, pas ailleurs », tranche le docteur en biotechnologie.

Probiosphère est une entreprise de haute technologie qui produit des micro-organismes destinés à la bioremédiation permettant un meilleur contrôle des eaux usées. « Alors que la plupart des produits sur le marché tentent de contrôler la nature, nous, on fait des produits en symbiose avec la nature », affirme Pierre Naider Fanfan, docteur en biotechnologie et copropriétaire de l'entreprise.

Avec son compagnon d'armes Marc Michaud, il a créé cette entreprise de toutes pièces. « Nous ne sommes encore que deux. Moi je m'occupe des affaires, Marc s'occupe de la production. Nous ne sommes que deux, mais notre production créée [des] emplois en sous-traitance. »

Pierre Naider Fanfan croit que ce type d'entreprise, plus petite et à l'échelle humaine, est un bon modèle pour assurer la relève entrepreneuriale du Bas-Saint-Laurent. « Ça se fait! Et comme la sous-traitance possède déjà toute la machinerie pour faire le gros du travail de transformation de nos produits, pourquoi se casserait-on la tête à mettre notre capital en jeu en achetant le matériel? »

C'est pourquoi Probiosphère ne possède qu'un petit local dans le Parc industriel de Rivière-du-Loup. « On finalise le produit ici et c'est prêt à la vente. »

L'entrepreneur sait que la relève en entreprise est un problème au Bas-Saint-Laurent. C'est pourquoi il lance un message aux jeunes qui songent à l'exode.

L'entrepreneur a développé un fort sentiment d'appartenance régionale. « Je suis fier qu'on puisse avoir un produit qui vient d'ici, sur la scène internationale, qui aide les gens à mieux vivre. Quoi de plus important que de l'eau propre? Sans les gens d'ici, nous n'y serions pas arrivés. J'espère laisser une belle carte de visite pour la région, partout dans le monde. C'est mon but », explique Pierre Naider Fanfan.

Un produit en demande...partout dans le monde

Ce genre de produit est en demande dans des régions du monde arides qui peinent à gérer leurs approvisionnements en eau potable. C'est pourquoi Pierre Naider Fanfan s'est récemment rendu à Dubaï, aux Émirats arabes unis, pour participer à un grand forum sur l'eau.

Accompagné par des acteurs importants du milieu économique du Bas-Saint-Laurent, Probiosphère a su tirer son épingle du jeu. Sans pouvoir donner tous les détails, Pierre Naider Fanfan affirme que le voyage a été très fructueux pour son entreprise.

Développement économique Canada (DEC), la Société d'aide au développement de la collectivité du Kamouraska (SADC), le Centre local de développement du Kamouraska (CLD) ainsi que l'organisme Biopterre accompagnaient Probiosphère lors du voyage.

« On y est allé en gang! C'est important de sentir qu'on est épaulés lorsqu'on vit ce genre d'aventure. On espère pouvoir montrer les réussites faites là-bas très bientôt », conclut Pierre Naider Fanfan.