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Assurance : modification des politiques « dépassées » en matière de suicide

Plusieurs compagnies d'assurance canadiennes se sont engagées à retirer de leurs politiques les clauses controversées qui impliquent de ne pas couvrir les gens qui tentent de s'enlever la vie ou qui se blessent intentionnellement.

Cette annonce survient à la suite d'une enquête de CBC qui a révélé que plusieurs chefs de file en services financiers, comme Desjardins, Manuvie, Great West et Sunlife, refusent de payer les frais médicaux liés aux blessures volontaires et aux tentatives de suicide.

CBC a récolté plusieurs témoignages de personnes qui ont tenté de s'enlever la vie, pour ensuite se faire refuser par leur assureur toute couverture pour les soins médicaux nécessités.

Selon leurs politiques d'assurance, ces compagnies peuvent se baser sur l'état de la personne assurée, à savoir si elle était saine d'esprit ou non (« sane or insane ») lors des événements.

« Nos membres ont reconnu qu'il fallait s'attarder sur cette question », a répondu l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes (ACCAP) dans un courriel adressé à CBC. L'ACCAP a tenu à rappeler que, parmi les 68 compagnies qu'elle représente, certaines ont déjà entamé le processus d'élimination de ces clauses d'exclusion.

Chaque compagnie a sa propre approche sur la question, a expliqué l'ACCAP, mais elles travaillent de concert pour l'instant afin de mettre leurs politiques à jour, tout en veillant à ce que les objectifs du Canada en matière de santé mentale soient respectés.

Changement significatif

Lors d'une enquête préliminaire menée il y a deux mois par CBC, la réponse avait été tout autre.

« Les assurances sont faites pour protéger les gens en cas d'accidents ou de maladie, non pas pour des pertes liées à des actes délibérés », avaient répondu les compagnies d'assurance contactées.

Changement de ton, elles se sont engagées depuis à retirer la clause « sane or insane » et à modifier, voire à refaire, ces politiques controversées, dont le langage semble « dépassé ».

L'ACCAQ n'a toutefois pas précisé quand lesdites clauses seront officiellement supprimées. Pour l'heure, l'association n'est pas en mesure de divulguer les noms des compagnies qui ont décidé de passer à l'action dans ce dossier.

Si la vice-présidente de l'ACCAP, Wendy Hope, voit d'un bon œil la réaction des compagnies d'assurance, elle ne croit pas que ces modifications verront le jour de sitôt. « Inutile de dire que ces changements n'arriveront pas immédiatement », a-t-elle précisé.

Les dernières données de Statistique Canada indiquent que près de 4000 Canadiens se sont enlevé la vie en 2012. Des professionnels de la santé mentale estiment de leur côté qu'environ 80 000 Canadiens tentent de s'enlever la vie chaque année.

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