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Au tour des employeurs de dénoncer le trou noir de l’assurance-emploi

Des employeurs de l'Est-du-Québec affirment que le gouvernement fédéral ne comprend pas la réalité des travailleurs saisonniers. Ils réclament des modifications aux règles de l'assurance-emploi pour ne pas perdre leurs meilleurs employés.

Dans son budget déposé la semaine dernière, Ottawa a prévu d’injecter 80 millions de dollars pour les travailleurs qui se retrouvent sans emploi et sans prestations de chômage en leur offrant notamment de la formation.

Le président du Centre sylvicole de Forestville, Martin Landry, précise que 30 de ses 34 employés sont confrontés à la période du trou noir.

Selon Martin Landry, proposer de la formation aux travailleurs plutôt que des prestations d'assurance-emploi bonifiées engendrera une perte de la main-d'oeuvre qualifiée pour les travaux sylvicoles sur la Côte-Nord.

« Nos travailleurs, qui sont là depuis nombre d'années, ils ont développé une expertise, une qualité de travail incroyable, souligne Martin Landry. Donc, ce qu'on ne veut pas comme entreprise, c'est perdre ces travailleurs-là simplement pour une question d'assurance-emploi parce qu'il y a une problématique qui est là et que le gouvernement fédéral ne veut pas régler. »

Le Centre Sylvicole de Forestville n’est pas le seul dans cette situation.

De l’autre côté du fleuve, le recrutement de la main-d’œuvre est déjà un grand défi aussi pour les dirigeants d’entreprises.

« Il y en a qui sont là depuis 30 ans, 35 ans, qui reviennent pour faire l'été avec nous, puis qui repartent pour l'hiver sur l'assurance-chômage », indique Stéphane Boudreau, président-directeur général de l'Hostellerie Baie Bleue.

« Si on perd les employés disponibles durant l'été parce qu'ils vont se former sur d'autres emplois, on ne peut pas être contre ça, remarque Stéphane Boudreau. Par contre, c'est comme habiller l'un pour déshabiller l'autre. Va falloir qu'on trouve d'autres employés. Va-t-il y en avoir de disponible? Ça on ne le sait pas. »

Les employeurs souhaitent que le gouvernement fédéral tienne compte de la réalité du travail saisonnier dans l'Est-du-Québec.

D'après le reportage de Marlène Joseph-Blais

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