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Augmentation des accrochages sur le tarmac de l'aéroport Pearson

Le nombre d'accrochages sur le tarmac de l'aéroport Pearson de Toronto a augmenté de plus de 50 pour cent au cours de la dernière année. L'objectif de la gestion de la sécurité à l'aéroport le plus achalandé au pays pour 2016 était pourtant de réduire de 10 pour cent le nombre d'incidents le long des pistes.

Un texte de Marie-Christine Rioux

Selon les syndicats qui représentent les employés de l'aéroport, c'est le taux élevé de roulement des travailleurs qui causerait cette augmentation des collisions sur le tarmac.

Dans une des entreprises où on représente des travailleurs à Pearson, on a remarqué que 20 personnes pouvaient être embauchées le lundi et il pouvait en rester seulement deux à la fin de la semaine.

Stéphane Lacroix, directeur des relations publiques au syndicat canadien des Teamsters

Pour le syndicat, les nouveaux employés embauchés sans cesse sont peu expérimentés et nuisent à la sécurité des lieux de travail.

Salaires trop bas et quarts de travails qui s'accumulent

Steven Tufts, professeur à l'Université York et membre du Conseil des travailleurs de l’aéroport de Toronto, croit qu'une augmentation de salaire réglerait une partie du problème.

Il explique qu’il est difficile pour les employeurs de conserver leurs employés sur de longues périodes avec un salaire horaire d’environ 12 dollars de l'heure. « Les employées travaillent tous les quarts de temps supplémentaires disponibles afin d’augmenter leur revenu », précise-t-il.

Mon salaire est triste à voir. C’est 12, 10 dollars. On ne peut pas survivre avec ce chèque de paie là, alors tout le monde prend plus de quarts de travail.

Vesna Jelic, travailleuse de l’aéroport

La fatigue peut donc s'accumuler rapidement chez les travailleurs et faire place à des erreurs. Plusieurs employés décident donc de quitter leur emploi.

On me dit qu'il n'est pas rare que les gens travaillent jusqu'à 12-13-14 heures par jour sur des périodes de 5-6-7 jours semaine.

Stéphane Lacroix, directeur des relations publiques au syndicat canadien des Teamsters

Interrogé sur les effets d’un taux de roulement élevé sur la sécurité de l’aéroport, le Responsable des enquêtes aériennes en Ontario au Bureau de la sécurité des transports, Ewan Tasker, n'a pas identifié le haut taux de roulement comme étant un facteur qui influence le nombre de collisions.

« Mais ça ne veut pas dire que le taux de roulement n'a pas d'influence sur ces incidents », ajoute-t-il.

De son côté, la porte-parole de l'Autorité des aéroports du Grand Toronto, Hillary Marshall, déclare qu'une étude est en cours afin de mieux connaître les conditions de travail de sa main d'oeuvre répartie entre plus de 300 employeurs. Près de 50 000 personnes travaillent à l’aéroport Pearson.

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