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Automatisation au travail : le Nouveau-Brunswick n’est pas prêt à s'adapter

Le Nouveau-Brunswick est la province la moins bien préparée aux changements que les progrès technologiques vont entraîner pour sa main-d'oeuvre, selon une étude sur l'impact de l'automatisation sur le marché du travail au Canada.

Toutefois, la situation du Nouveau-Brunswick n’est pas entièrement mauvaise, selon Rosalie Wyonch, analyste de politiques et auteure du rapport de l’Institut C. D. Howe. Le Nouveau-Brunswick est au milieu du peloton des provinces à risque de voir l’automatisation d’emplois, et une telle transition ne se produit pas du jour au lendemain.

« La bonne nouvelle, c’est que l’automatisation est un processus lent et graduel. Alors les provinces ont le temps d’agir face à ces risques », affirme Rosalie Wyonch.

Les raisons

Le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador, les deux provinces les moins bien préparées, figurent tout en bas de la liste à cause de leur faible niveau de compétences de base, comme l’alphabétisation, le calcul et la résolution de problèmes.

Les deux provinces comptent aussi une plus faible proportion de résidents détenant un diplôme d’études supérieures, comme la maîtrise et le doctorat. Ces travailleurs sont nécessaires pour adapter la technologie aux entreprises ou à une utilisation précise, explique Mme Wyonch.

Le Nouveau-Brunswick pourrait se concentrer sur l’amélioration des compétences de base de sa main-d’oeuvre lorsqu’il réfléchira à des politiques pour répondre aux changements technologiques et à l’automatisation, conseille Rosalie Wyonch. Les politiques pourraient comprendre des programmes de recyclage pour les travailleurs.

Les emplois touchés

La demande pour des travailleurs qualifiés va continuer d’augmenter, estime Rosalie Wyonch.

Depuis 1987, la croissance chez les emplois à faible risque d’automatisation est cinq fois plus élevée que chez les emplois à risque élevés. L’écart va se creuser au cours des dix prochaines années en raison de la croissance de la demande pour des emplois à faible risque d’automatisation et du plafonnement de la demande pour des emplois à risque élevé, prévoit l’Institut C. D. Howe.

Une grande partie de la main-d’oeuvre exerce encore des emplois à risque d’être automatisés. La moitié des travailleurs au Canada exerçaient ce genre d’emplois il y a 30 ans. C’était encore le cas de 4 travailleurs sur 10 en 2015, précise Rosalie Wyonch. La tendance d’ici 2030 sera plutôt aux emplois à faibles risques requérant des travailleurs hautement qualifiés, prévoit l’Institut C. D. Howe.

Les emplois à bas salaire exigeant l’accomplissement de tâches répétitives sont les plus susceptibles d’être automatisés, explique Rosalie Wyonch. Le travail de caissier, par exemple, fait partie de cette catégorie.

Les travailleurs exerçant des métiers ou des emplois manuels sont relativement à l’abri de l’automatisation, ajoute Mme Wyonch. Un robot, explique-t-elle, peut planter des clous, mais il n’est peut-être pas capable de gravir une échelle ni de résoudre des problèmes dans un chantier de construction.

Investir dans la formation

Les entreprises ne peuvent déterminer si l’automatisation mènera à des changements quant au nombre de leurs employés, mais elles auront certainement besoin d’un plus grand nombre de travailleurs hautement qualifiés, selon Dennis Darby, PDG de l’association Manufacturiers et exportateurs du Canada.

La principale difficulté que doivent surmonter les manufacturiers et exportateurs est de recruter des employés pour travailler dans un environnement de fabrication numérique, explique M. Darby. Le niveau d’éducation et de formation requis des travailleurs est plus élevé que jamais, dit-il, en ajoutant qu’il faut investir dans la formation.

Les gouvernements fédéral et provinciaux et les entreprises peuvent collaborer pour créer des programmes de recyclage à l’intention des travailleurs, souligne-t-il.

Les gouvernements ont déjà des stratégies d’adaptation, indique Rosalie Wyonch. Le budget 2017 du fédéral comprend 2,7 milliards de dollars sur six ans pour la formation et le soutien à l’emploi des Canadiens sous-employés ou sans travail.

De plus, souligne Mme Wyonch, Ottawa a modifié le programme d’assurance-emploi afin de permettre aux bénéficiaires de retourner aux études sans perdre leur admissibilité.