Retour

Barrage de Mactaquac : des travaux pour prolonger la vie de la centrale jusqu'à 2068

Énergie NB recommande que des travaux d'entretien soient effectués à la centrale hydroélectrique de Mactaquac pour qu'elle puisse demeurer en service jusqu'en 2068, soit sa durée de vie prévue lorsqu'elle a été inaugurée en 1968.

La société d’énergie avait entrepris un processus d'examen de trois options coûteuses lorsque des inspections avaient conclu que le barrage vieillissait prématurément et ne durerait pas au-delà de 2030.

Ces options consistaient à remettre à neuf le barrage, à désaffecter la centrale en continuant à contrôler le débit de la rivière ou carrément à démolir le barrage. Les coûts rattachés à chacune des trois options varient de 3 et 5 milliards de dollars.

Or des évaluations menées le printemps dernier ont fait ressortir une quatrième option : un projet d'entretien plus modeste qui devenait envisageable parce que des études poussées sur le béton du barrage avaient permis de déterminer qu'il était en meilleur état qu'on l'avait d'abord cru.

Énergie NB retient finalement cette quatrième option, dont le coût varie entre 2,9 et 3,6 milliards de dollars.

« Nous croyons avoir pris une décision judicieuse à l'égard de Mactaquac », a déclaré le président du conseil d'administration d'Énergie NB, Ed Barrett, lors d'une conférence de presse à la centrale. « Elle répond aux besoins actuels et futurs du réseau électrique du Nouveau-Brunswick et reflète les valeurs des Néo-Brunswickois. [...] Les travaux d'entretien à la centrale vont permettre à Énergie NB d'atteindre ses objectifs financiers et environnementaux, tout en continuant à fournir de l'électricité sûre et fiable à des tarifs bas et raisonnables. »

Si certains groupes autochtones et environnementaux avaient préféré que la rivière St-Jean reprenne son cours naturel avec la démolition complète du barrage, d'autres se disent satisfaits.

« On surveillera de près leurs études environnementales, mais on pense que c'est une décision prudente et responsable », lance la directrice du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, Louise Comeau.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada) affirme que l’entreprise de la Couronne devrait immédiatement rendre publics les détails des études menées pour analyser chacune des quatre options.

« Les décisions portant sur une infrastructure avec un impact à ce point significatif pour l’environnement et les communautés devraient être basées sur des faits », a déclaré Simon J. Mitchell, de la WWF-Canada.

Énergie NB note que la solution retenue est moins coûteuse que les autres et permet notamment de tenir compte de la demande future d'électricité dans la province.

Selon le PDG d'Énergie NB, Gaëtan Thomas, l'option retenue tient aussi compte des objectifs environnementaux de la province. « Le projet d'entretien de la centrale va assurer que l'hydroélectricité demeure un élément essentiel de notre réseau électrique, ce qui est primordial pour atteindre nos objectifs d'énergue renouvelable aujourd'hui et à l'avenir. »

Le projet retenu par Énergie NB comprend le renforcement des structures de béton actuelle et le remplacement graduel de l'équipement mécanique de la centrale.

La société d'État précise qu'elle collaborera avec l'Institut des rivières canadiennes et avec Pêches et Oéans Canada pour atteindre des objectifs en matière de passage des poissons sur le fleuve Saint-Jean. Un budget d'environ 100 millions de dollars a été prévu pour l'installation d'une passe à poissons multi espèces plus performante que ce qui existe actuellement.

Plus d'articles

Commentaires