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Biométhanisation : Saint-Hyacinthe vend son gaz naturel à L’Oréal

La Ville de Saint-Hyacinthe vend son gaz naturel produit par biométhanisation au fabricant de cosmétiques L'Oréal Canada depuis décembre par l'entremise de l'entreprise Énergir (appelée « Gaz Métro » jusqu'à tout récemment). La Ville compte engranger cette année des revenus de 5,8 millions de dollars, dont 2,5 millions lui seront payés par Énergir.

La Municipalité a officialisé vendredi la mise en service complète de son usine de biométhanisation et l'injection du gaz naturel renouvelable (GNR) qui y est produit dans le réseau d'Énergir, comme le prévoyait déjà une entente de principe signée en 2014.

Le projet aura nécessité des investissements totalisant 80 millions de dollars, dont 27 millions proviennent de la Municipalité, 42,2 millions du gouvernement du Québec et 11,4 millions de celui du Canada. La Municipalité estime qu'elle aura amorti ses investissements dans six ou sept ans.

Outre les 2,5 millions venant d'Énergir, Saint-Hyacinthe empochera dans les 12 prochains mois 3,3 millions pour traiter les déchets organiques de 25 municipalités voisines et de plusieurs entreprises agroalimentaires.

Saint-Hyacinthe était devenue en 2010 la première municipalité québécoise à transformer des matières organiques en gaz naturel afin d'alimenter sa flotte de véhicules municipaux. Depuis, elle a commencé à chauffer ses immeubles avec le GNR qu'elle produit.

L'usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe devrait produire chaque année 13 millions de mètres cubes de GNR, assez pour chauffer 5600 maisons unifamiliales, ce qui en fait la cinquième installation du genre de la planète en termes de taille.

Le projet est censé permettre de valoriser près de 200 000 tonnes de résidus organiques provenant de 25 municipalités, ce qui entraînera une réduction d'émission de 49 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année. En utilisant ce GNR, L'Oréal Canada évitera de son côté l'émission de plus de 2100 tonnes de GES par année.

L'annonce officielle a été faite vendredi matin en présence du maire Corbeil, de la ministre provinciale du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, de la présidente et chef de la direction d'Énergir, Sophie Brochu, et du vice-président et directeur d'usine de L'Oréal Canada, Jean-Victor Pycke.

« Avec la filière du gaz naturel renouvelable, nous avons un exemple concret d'économie circulaire illustrant qu'il est possible de conjuguer le développement économique et social avec la protection de l'environnement, a déclaré Mme Melançon. La valorisation de nos résidus organiques représente un pas de plus vers une société zéro gaspillage, le genre de société que nous voulons léguer à nos enfants. »

Six autres projets de biométhanisation en sont à divers stades de réalisation au Québec.