Retour

Boeing et Airbus ne pourront plus vendre des avions de ligne à l'Iran

La décision des États-Unis de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien et de rétablir des sanctions contre Téhéran aura un impact sur certaines entreprises américaines et européennes qui avaient repris leurs liens commerciaux avec l'Iran. C'est le cas de Boeing et d'Airbus, qui perdront leur permis d'exporter leurs appareils dans ce pays.

Après l’annonce du président américain Donald Trump mardi, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, a déclaré que les États-Unis n’autoriseront plus Airbus et Boeing à vendre des avions de ligne à l’Iran.

En décembre 2016, Boeing et la compagnie nationale Iran Air ont signé leur plus important contrat en près de 40 ans, pour l’achat de 80 appareils. Le montant de la transaction s’élevait à près de 17 milliards de dollars.

La livraison des premiers avions Boeing, prévue à la fin 2018, avait été reportée.

Iran Air a aussi commandé une centaine d'appareils à Airbus pour un montant de 20,8 milliards de dollars.

Ces ententes dépendaient toutefois des permis délivrés par les États-Unis, en raison des nombreuses pièces américaines utilisées dans la construction des avions de ligne.

Or, le département américain du Trésor, qui supervise ces licences d'exportation, a précisé mardi que les États-Unis n'autoriseraient plus la livraison d'avions de ligne, de pièces et de services aéronautiques à l'Iran après une période de transition de 90 jours.

Boeing va se conformer à la décision de la Maison-Blanche

Boeing a déclaré mardi qu'il allait consulter les autorités américaines au sujet des « prochaines étapes » et qu'il continuerait à « suivre la direction choisie par le gouvernement américain ».

Le mois dernier, le directeur général du géant américain de l’aviation, Dennis Muilenburg, avait dit qu’il n’y avait pas de livraisons prévues en Iran cette année et que le plan de production du Boeing 777 « ne dépendait pas des commandes iraniennes ».

De son côté, l'entreprise Airbus a fait savoir avant même l’allocution de Donald Trump qu’elle allait étudier sa décision et que cela allait prendre du temps.

Selon l’Organisation iranienne de l’aviation civile, l’Iran aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie.

D’autres compagnies touchées?

Le nouvel ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, a indiqué mardi sur Twitter que les sanctions imposées par l’administration Trump « allaient viser des secteurs critiques de l'économie de l'Iran » et que « les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement ».

En 2017, le groupe automobile allemand Volkswagen avait annoncé qu’il allait recommencer à vendre des voitures en Iran, une première depuis 17 ans.

Le conglomérat industriel General Electric et le constructeur automobile franco-japonais Renault-Nissan pourraient aussi être touchés par la décision des États-Unis de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

Impact sur les relations entre Trump et ses alliés

Selon Ferry de Kerckhove, professeur à l’École supérieure d'affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, Donald Trump « s’aliène ses alliés ».

En entrevue mardi soir à l’émission 24/60, il a indiqué que les sanctions imposées par le président américain « vont susciter encore plus de difficultés dans ses relations avec les alliés, encore bien plus pratiquement qu’avec l’Iran ».

« Il faudra voir jusqu’à quel point ces sanctions vont nuire à la possibilité des puissances européennes, mais aussi la Russie, la Chine, la Corée du Sud et le Japon, de commercer avec l’Iran », soutient pour sa part le président de l’Observatoire sur les États-Unis à l’UQAM, Charles-Philippe David, aussi invité à l’émission 24/60.

« [Il faudra voir] dans quelle mesure, poursuit-il, l’Iran va être capable de maintenir un semblant d’ouverture économique avec tous [ces] pays en présence de sanctions américaines qui vont s’échelonner à partir d’aujourd’hui jusqu’au 8 novembre prochain. »

Plus d'articles