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Bois d'œuvre : à quand une reconnaissance du régime forestier québécois?

Des industriels forestiers du Québec ne sont pas surpris de la décision des États-Unis d'imposer une nouvelle taxe sur le bois d'œuvre canadien. Ils espèrent toutefois que le régime forestier québécois sera un jour mieux compris au sud de la frontière.

Un texte de Marlène Joseph-Blais

Washington a annoncé lundi qu'une taxe antidumping d'environ 6,87 % s'ajoutera aux droits compensateurs de 20 % en moyenne annoncés en avril.

Des représentants d'entreprises québécoises estiment que les spécificités du régime forestier québécois n'ont jamais été prises en considération par les dirigeants américains.

Marché favorable

Le Groupe Rémabec, qui opère la scierie Arbec de Port-Cartier, n'entend pas modifier sa production, malgré l'imposition de taxes combinées de 26,75 % sur ses exportations aux États-Unis. C'est le taux que paieront la plupart des petites scieries québécoises.

« On a un contexte actuellement avec un marché, une demande américaine qui est à la hausse et avec un dollar canadien qui est favorable », affirme le porte-parole de l'entreprise, Pierre-Olivier Lussier.

Le constat est le même chez Boisaco, à Sacré-Coeur. Le président, Steeve St-Gelais, rappelle que l'entreprise exporte 10 à 15 % de sa production aux États-Unis.

Des petites entreprises comme Boisaco survivent en raison du marché favorable, mais le futur demeure incertain. « C'est vraiment déplorable qu'on ait encore à subir ces fameuses répercussions qui découlent du protectionnisme américain », souligne Steeve St-Gelais.

Même son de cloche pour la compagnie Cédrico, au Bas-Saint-Laurent, qui ne prévoit pas de ralentissement de production ou de mises à pied pour l'instant. Elle prévoit que le conflit va lui coûter quelques dizaines de millions de dollars au cours des prochaines années.

Inquiétude

Le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, qui représente plus de 9000 producteurs, croit que l'impact de cette mesure est difficile à prédire pour l'instant. Toutefois, son président, Valentin Deslauriers, craint que d'éventuels ralentissements de production dans les usines ne se traduisent par des baisses de prix et des ventes moins importantes pour les producteurs privés.

Mesure dénoncée

Le porte-parole de Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn, croit que Washington a cédé à la pression de grands propriétaires américains en imposant ces nouvelles taxes. Ces mesures visent à étouffer l'industrie canadienne, selon lui. Le Conseil de l'industrie forestière du Québec, l'Union des municipalités du Québec, le gouvernement de Philippe Couillard et celui de Justin Trudeau ont tous dénoncé le geste des États-Unis.

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