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Bois d’oeuvre : le N.-B échappe au pire pour l’instant

Des acteurs de l'industrie forestière estiment que le Nouveau-Brunswick est relativement épargné par les droits compensateurs annoncés par le département du Commerce américain dans le dossier du bois d'oeuvre.

J. D. Irving, l’un des plus gros producteurs néo-brunswickois, se voit imposer des droits de 3,02 % dans cette décision préliminaire des États-Unis. Les autres entreprises de l’industrie devront payer les droits moyens établis par le département du Commerce, soit près de 20 %.

« C’est peut-être un signal que les Américains voient qu’au Nouveau-Brunswick, on a un marché qui est bon, qui est fort et qu’on peut justifier nos prix d’opération », affirme Mike Légère, directeur exécutif de Forêt NB. en parlant des droits imposés à J.D. Irving.

Si le gouvernement américain a été indulgent envers J.D. Irving, c’est sans doute en raison de la structure de propriété des forêts au Nouveau-Brunswick, où 30 % d’entre elles appartiennent à des propriétaires privés et 20 % à des industries.

Les Américains peuvent donc difficilement prétendre que le bois provenant de ces terres est subventionné par les gouvernements.

Dans d’autres provinces, une grande proportion du bois d’oeuvre provient de terres de la Couronne.

Lors des derniers conflits sur le bois d’oeuvre, le Nouveau-Brunswick avait été épargné par les mesures de rétorsion parce que les autorités américaines avaient reconnu la nature plus privée de ses forêts.

« On va suivre la procédure d’appel et essayer de convaincre nos partenaires aux États-Unis qu’au Nouveau-Brunswick, on suit un marché ouvert, qu’on paie un prix qui est responsable pour le bois, pour la fibre, pour fournir nos usines », affirme Mike Légère.

Un long processus à venir

Ce processus risque toutefois d’être long. La décision préliminaire des États-Unis sera suivie d’une décision permanente en juin. C’est seulement par la suite que le Canada pourra entamer des procédures d’appel qui risquent elles aussi de traîner en longueur.

Les choses ne doivent toutefois pas trop tarder, estime Mike Légère, parce que les droits compensateurs moyens de 20 % s’appliquent aux producteurs autres que J.D. Irving.

« Un tarif de 20 %, si ça dure plus que six mois, ça va commencer à avoir un effet sur, pas seulement les opérations dans les scieries, mais parce que l’industrie est tellement intégrée, ça va avoir un impact sur les fournisseurs d’équipement, les gens qui travaillent dans le bois et toutes les autres industries et compagnies qui supportent le secteur du bois de sciage. »

La demande pourrait amortir le choc

Selon le professeur d’économie et d’opérations forestières du Centre universitaire d’Edmundston, Michel Soucy, la bonne santé de l’économie pourrait être la planche de salut de l’industrie néo-brunswickoise.

« On est super chanceux qu’on est en reprise économique, y’a de plus en plus de demande, le prix a augmenté, ça fait que vraiment, honnêtement, je pense que le 3 %, il tombe à un moment où les prix s’étaient un peu ajustés et on est pas trop perdants. »

Il rappelle toutefois qu’un règlement de ce contentieux est primordial pour le Nouveau-Brunswick où près de 22 000 emplois dépendent du secteur forestier.

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