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Bois d’oeuvre : le Nouveau-Brunswick compte sur l’appui du Maine

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s'attend à un appui du gouverneur du Maine dans ses efforts visant à faire exempter la province des nouveaux droits imposés par les États-Unis sur les importations de bois d'oeuvre canadien.

Le Nouveau-Brunswick cherche à rétablir la traditionnelle exemption des tarifs américains sur le bois d'oeuvre dont ont bénéficié dans le passé les quatre provinces de l'Atlantique.

Les nouveaux droits antidumping de près de 7 % imposés lundi par les États-Unis épargnent toujours Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse, mais pas le Nouveau-Brunswick. Ce dernier n’a pas été épargné non plus par les droits compensateurs de 3 % à 24 % imposés en avril.

Il s’agit de droits préliminaires que les États-Unis imposent jusqu’à ce qu’ils prennent une décision définitive, plus tard cet été.

Le ministre responsable de la Politique d'expansion du commerce, Roger Melanson, a expliqué que son gouvernement a recruté le gouverneur du Maine, Paul LePage, pour faire du lobbying auprès de l'administration Trump, dès mercredi, lors d'une rencontre à la Maison-Blanche.

À plus court terme, cependant, il a assuré que son gouvernement serait là pour soutenir l'industrie.

Roger Melanson affirme que Paul LePage comprend l’importance des liens économiques entre le Nouveau-Brunswick et le Maine.

Il n’a pas été possible d’obtenir des commentaires du bureau du gouverneur Paul LePage.

1000 emplois menacés à Twin Rivers

Gilbert Carre, directeur général de la papetière Twin Rivers à Edmundston, affirme que les nouveaux droits antidumping exerceront un impact considérable sur les activités de l’entreprise au Nouveau-Brunswick et au Maine.

L’entreprise va prendre quelques semaines pour évaluer le tout avant de décider si elle réduit ses activités. Selon M. Carre, la situation peut entraîner des effets sur un millier d’emplois à Twin Rivers.

Gilbert Carre estime que les grandes entreprises pourront survivre jusqu’à ce que les États-Unis déterminent les droits qu’ils imposeront au final, mais il croit que les petites entreprises devront réduire leur main-d’oeuvre. Il s’attend à la fermeture d’usines partout au Canada si les ventes du bois d’oeuvre canadien aux États-Unis diminuent.

Pourquoi le Nouveau-Brunswick n’est-il plus exempté?

Il s’agit du cinquième conflit du genre durant lequel les États-Unis imposent des droits compensateurs sur le bois-d’oeuvre canadien qui franchit la frontière. Jeannot Volpé était ministre des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick durant la crise précédente, qui a duré de 2001 à 2006.

Jeannot Volpé attribue au plan d’aménagement forestier adopté en mars 2014 par le gouvernement progressiste-conservateur de David Alward le fait que le Nouveau-Brunswick est frappé par les droits compensateurs et antidumping aujourd’hui. Ce plan permettait notamment aux forestières de récolter 660 000 mètres cubes supplémentaires de résineux sur les terres de la Couronne.

« Les Américains semblent dire que c’est ça qui a fait [pencher] la balance entre : est-ce que le Nouveau-Brunswick a 50 % qui vient des terres de la Couronne, 30 % du privé et 20 % des grosses entreprises, et est-ce que ça fait renverser un peu les pourcentages et que là vous devenez vous autres aussi un gros contributeur, les terres de la Couronne, au bois que les entreprises reçoivent au Nouveau-Brunswick? Donc là, ça vous inclut dans tout le processus », explique Jeannot Volpé en entrevue à l’émission radiophonique Le réveil Nouveau-Brunswick, d’ICI Acadie.

M. Volpé ajoute que de nombreuses usines de sciage et de papier dans la province ont fermé durant le conflit de 2001-2006. Il explique que bien des petites entreprises n’ont pas la capacité de payer des tarifs douaniers en attendant le règlement du conflit.

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