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Bois d’oeuvre : les producteurs du N.-B. font appel au gouvernement Gallant

Les producteurs de bois d'oeuvre du Nouveau-Brunswick demandent au gouvernement provincial de faire tout ce qu'il peut pour que la province soit exemptée des droits compensateurs et antidumping imposés par les États-Unis, comme les autres provinces de l'Atlantique.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province de l'Atlantique non exemptée des droits définitifs annoncés jeudi.

Les producteurs de bois d’oeuvre dénoncent le fait que les scieries de la province paieront des droits totalisant 20,8 % sur leurs exportations aux États-Unis. Toutefois, l’entreprise J. D. Irving, qui avait demandé un réexamen auprès du département américain du Commerce durant les procédures, paiera au total des droits de 9,92 %, souligne l’association Forêt Nouveau-Brunswick.

Les producteurs demandent donc au gouvernement provincial d’agir rapidement pour obtenir un examen accéléré en faveur des scieries du Nouveau-Brunswick.

« Les producteurs de bois d’œuvre du Nouveau-Brunswick s’unissent pour demander à la province du Nouveau-Brunswick de faire immédiatement tout ce qui est en son pouvoir pour résoudre ce problème. C’est la première fois dans l’histoire des négociations commerciales américaines sur le bois d’œuvre que la province du Nouveau-Brunswick n’est pas exemptée », affirme Mike Legere, directeur général de Forêt Nouveau-Brunswick, par voie de communiqué.

« On aimerait que le gouvernement du Nouveau-Brunswick engage un professionnel qui peut regarder le système de [redevances] actuel et confirmer qu’il n’y a aucune subvention qui sont données aux producteurs néo-brunswickois en ce moment », ajoute le porte-parole de J. D. Irving, Jerome Pelletier.

Le département américain du Commerce explique que la province n’est pas épargnée cette fois à cause du plan de foresterie lancé en 2014 par le précédent gouvernement progressiste-conservateur de David Alward.

Une coalition de sociétés américaines soutient que l'augmentation des allocations de bois des terres de la Couronne incluse dans ce plan dépasse la limite permise.

Le gouvernement de Brian Gallant soutient pour sa part que rien n'a changé dans la façon dont les scieries du Nouveau-Brunswick achètent leur bois. L’entreprise J. D. Irving soutient aussi que rien n’a changé, et elle ne baisse pas les bras.

« On veut continuer à travailler avec les autorités américaines pour expliquer les raisons pour lesquelles on a été exclu dans les 35 dernières années, pour expliquer que ces raisons n’ont pas changé, et continuer à présenter des faits, utiliser des faits, pour démontrer que les producteurs du Nouveau-Brunswick et J. D. Irving devraient être exclus encore une fois du litige commercial », affirme Jerome Pelletier.

Inquiétude dans l’industrie

Les scieries du Nouveau-Brunswick exportent 90 % de leur bois d'oeuvre aux États-Unis. L’industrie compte 22 000 emplois.

Mike Legere explique qu’il est difficile pour le moment d'évaluer l'impact des droits imposés par les États-Unis, mais il parle de la fermeture possible d’usines ou de diminution de la production.

L’impact des droits compensateurs et antidumping inquiète Jeannot Volpé, propriétaire de lot boisé.

« Quand il y a une crise comme celle-là, les plus gros réussissent à survivre, et quand la douane leur revient parce qu’ils ont eu gain de cause ils continuent de survivre. Mais ceux qui n’ont pas pu passer au travers parce qu’ils n’ont pas pu supporter ce montant-là pour un an, deux ans ou trois ans, doivent laisser aller. Donc, graduellement, on est en train d’éliminer dans les régions les petits moulins à scie qui créaient de l’emploi et qui donnaient aussi des possibilités de négocier des prix un peu plus équitables pour le produit », affirme Jeannot Volpé.

Pour le moment, le gouvernement du Nouveau-Brunswick va attendre la décision de la Commission du commerce international des États-Unis qui a 45 jours pour déterminer si les exportations canadiennes de bois d'oeuvre au sud de la frontière ont causé un préjudice à l'industrie américaine.

Le gouvernement va aussi s'entretenir avec des membres de l'industrie provinciale, vendredi.

Avec des informations de Catherine Dumas et de Nicolas Steinbach

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