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Bois d'oeuvre : un front commun demande l'aide d'Ottawa

Alors qu'un cinquième conflit sur le bois d'oeuvre semble inévitable entre le Canada et les États-Unis, un groupe lance un appel à l'aide au gouvernement fédéral. Des joueurs québécois des mondes patronal, syndical et municipal ainsi que de l'industrie forestière unissent leur voix pour réclamer l'appui du gouvernement fédéral dans l'éventualité d'une longue dispute commerciale.

Un texte de Louis Blouin

Dans une lettre qui doit paraître dans de nombreux journaux jeudi, le regroupement réclame un mécanisme d'aide pour l'industrie forestière québécoise si un long conflit devait se concrétiser. « Il est impératif que le gouvernement fédéral mette sur pied un programme de prêts et de garanties de prêt, pour traverser le conflit, protéger les emplois, maintenir les opérations », peut-on lire dans la lettre. Les signataires affirment que « c'est le temps de se serrer les coudes, car c'est tout le Québec qui est touché ».

Le dernier conflit commercial sur le bois d'oeuvre a entraîné des milliers de mises à pied au Québec et en Ontario. Le gouvernement du Québec s'est montré ouvert à une aide pour l'industrie.

Inquiétudes

Théoriquement, le Canada et les États-Unis avaient jusqu'à mercredi, 23 h 59, heure avancée de l'Est, pour conclure un accord sur le commerce du bois d'oeuvre. Les signataires profitent de l'arrivée de la date butoir pour accentuer la pression sur Ottawa.

Pour le groupe, « il apparaît inévitable qu'une taxe frappera sous peu l'entrée de nos produits forestiers aux États-Unis ». « L'industrie québécoise risque ainsi d'être pratiquement éjectée du marché américain », ajoutent les signataires.

La lettre est signée par diverses organisations syndicales, patronales et municipales. Le Conseil de l'industrie forestière du Québec, l'Union des municipalités du Québec, le Conseil du patronat du Québec et la Centrale des syndicats démocratiques figurent parmi les 10 signataires.

Ottawa peu loquace

Pour l'instant, le gouvernement fédéral martèle que les négociations se poursuivent, malgré l'arrivée de la date butoir. Le bureau de la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, refuse de s'avancer sur une aide éventuelle et d'annoncer ses intentions sur un programme de prêts ou de garanties de prêt.

Pour l'instant, les négociateurs canadiens et américains conviennent de poursuivre les discussions dans les semaines à venir.

Pour lire la lettre :