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Bombardier a une pente à remonter au Canada anglais

Une aide fédérale à Bombardier fait couler beaucoup d'encre ces jours-ci, et pas seulement au Québec. Dans les journaux anglophones, les éditoriaux hostiles à ce géant de l'aéronautique sont nombreux. Ce qui rend la décision de Justin Trudeau encore plus délicate. Revue de presse.

Un texte de Louis Blouin

Le gouvernement du Québec a offert un appui indéfectible à Bombardier en injectant 1,3 milliard de dollars dans son programme de la C Séries. Justin Trudeau, lui, semble beaucoup plus prudent, malgré les appels du gouvernement Couillard. À en croire plusieurs éditorialistes et auteurs de textes d'opinion dans les médias anglophones, Bombardier a fort à faire pour redorer son image en dehors du Québec.

Action multivotantes

La gouvernance de Bombardier est certainement l'un des éléments qui semblent le plus déranger. Les actions multivotantes de la famille Bombardier-Beaudoin font réagir l'éditorialiste bien connu Andrew Coyne du réseau Postmedia. D'après lui, « les premiers bénéficiaires de l'aide venant des contribuables » se trouvent principalement dans cette « richissime famille ». Il déplore que dans les bons, comme dans les moins bons moments, « le vent souffle toujours de l'argent » dans la direction de Bombardier, malgré les pertes de l'entreprise ces dernières années.

Gestionnaires « incompétents »

Dans un texte d'opinion publié dans le National Post, le professeur de l'Université Laval Stephen Gordon met en garde contre l'utilisation de termes comme « fleurons ». Il croit qu'un tel symbolisme à l'endroit de Bombardier est trompeur. M. Gordon souligne que l'entreprise est la première responsable des problèmes qui l'affligent. Selon lui, une aide fédérale ne viendrait que cautionner « une dynastie industrielle héréditaire » qui n'a pas à rendre de comptes.

La tempête du tramway

L'image de Bombardier a aussi été mise à mal en raison des retards de livraison des voitures du Tramway de Toronto. Le Toronto Sun est même allé jusqu'à comparer le contrat avec l'entreprise à des catastrophes comme le grand feu de Chicago en 1871 et le tremblement de terre de San Francisco en 1906.

Plus posé, le Toronto Star affirme que Bombardier a abandonné les usagers du transport en commun à Toronto.

Dans ce contexte, le quotidien se demande pourquoi l'entreprise serait digne de confiance dans une éventuelle entente avec Ottawa pour les avions. Depuis des mois, le président de la Commission de Transport de Toronto ne se gêne pas pour exprimer sa frustration.

Ces opinions exprimées ces dernières semaines démontrent une chose : le débat autour de l'aide fédérale à Bombardier n'est pas seulement économique, il repose aussi sur une question d'image, une image à reconstruire.

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