Retour

Bombardier livre son premier CS300 à Korean Air Lines

Bombardier fait officiellement son entrée dans le ciel asiatique en livrant le premier de dix appareils CS300 de la C Series au transporteur asiatique Korean Air Lines. La C Series semble ainsi se diriger vers des cieux plus cléments après les turbulences rencontrées en 2017.

L’appareil livré à Korean Air Lines compte 127 sièges répartis en deux catégories : économique et économique supérieure. Bombardier doit livrer un deuxième CS300 à Korean Air Lines avant la fin de l’année.

« Il s’agit d’un jalon très important pour le programme d’avions C Series, car il représente notre percée sur le marché asiatique, qui connaît une croissance rapide », a déclaré le président de Bombardier Avions commerciaux, Fred Cromer.

M. Cromer prévoit que les transporteurs asiatiques feront l’acquisition de 2870 appareils monocouloirs au cours des 20 prochaines années. Il estime que la vitrine que lui offre Korean Air Lines permettra à Bombardier d’élargir son éventail de clients dans la région.

Annoncée en 2011, la commande du transporteur coréen comprend 10 appareils CS300 auxquels pourraient s’ajouter, à la discrétion du client, 10 autres avions. Korean Air Lines détient également des droits d’achat sur un autre lot de 10 appareils, ce qui pourrait porter le total de la commande à 30 avions de la C Series.

« L’avion CS300 nous permettra d’étendre encore plus nos activités tout en procurant une rentabilité élevée et la satisfaction des clients, a déclaré le chef de la technologie au sein de Korean Air, Soo-Keun Lee. Ce sont là les facteurs clés de notre décision d’acheter des avions CS300 de Bombardier, et nous sommes impatients de les intégrer dans notre flotte. »

Naissance douloureuse de la C Series

Le ciel semble se dégager autour de Bombardier, après plusieurs années de turbulences, malgré un litige commercial qui persiste avec Boeing aux États-Unis. L’arrivée d’Airbus, le grand frère français, a permis à Bombardier de prendre du coffre et de jouer désormais dans la même cour que le géant américain.

Lancé en 2008, le programme de la C Series a connu des difficultés financières en 2015. Le gouvernement du Québec a injecté 1,3 milliard de dollars pour permettre à Bombardier de poursuivre son aventure.

Après avoir tergiversé pendant près de deux ans, le gouvernement fédéral a ensuite prêté 372 millions à Bombardier afin de l’aider à poursuivre le développement de l'avion.

Alors que Bombardier semble sur le point d’émerger dans la cour des grands, en décrochant notamment une commande de 75 appareils CS100, évaluée à 7,1 milliards de dollars, du transporteur américain Delta en avril 2016, Boeing est venu mettre de nouveaux bâtons dans les roues de la société québécoise.

Boeing a déposé des plaintes contre Bombardier en l’accusant d’avoir été financé par de l’argent public et d’avoir vendu des appareils à des prix inférieurs à leur prix de revient.

Les plaintes de Boeing ont mené à des sanctions du département américain du Commerce, qui a imposé des droits antidumping de 79,82 % et des droits compensatoires de 220 %, qui ont été révisé cette semaine à 212,39 %, à la C Series.

Dans la foulée de ces sanctions, Delta aurait dû payer un excédent de près de 300 % pour acquérir ses CS100.

Bombardier a décidé, en octobre dernier, de se placer sous la protection d’Airbus pour arriver à contourner la plainte de Boeing. Les avions destinés à Delta seront assemblés dans les installations d’Airbus à Mobile, en Alabama. Ainsi, Bombardier évite d’être considéré comme un importateur d’avions, ce qui lui permet d'échapper aux sanctions du département américain du Commerce.

La protection d’Airbus a toutefois eu un prix : l’avionneur européen a obtenu 50,01 % des parts de la C Series, tandis que Bombardier en a conservé 31 % et Investissement Québec, 19 %.

Plus d'articles