Retour

Bouilloire à biomasse : Matane achète la paix

Matane achète la paix et acquiert la chaudière à biomasse de l'ancienne cartonnerie pour 20 000 $. La propriété de la chaudière faisait l'objet d'un litige qui aurait pu aller devant les tribunaux.

Le montant sera versé à la partie adverse, qui revendiquait aussi la propriété de la chaudière.

Cette décision met donc fin à une procédure légale qui aurait pu être longue et coûter très cher, selon le maire Jérôme Landry.

Ainsi, Matane a donc le champ libre pour développer le site de l'ancienne usine. « Nous, ce qu’on veut, c’est que rapidement tout soit libéré au niveau légal et qu’on soit capable de dire que le site appartient en totalité à la ville de Matane. Si on a encore des dossiers légaux qui traînent, on ne pourra pas le faire », mentionne-t-il.

Ça aurait pu prendre un an et demi ou deux ans avant que le dossier se règle donc ça aurait retardé justement le démarchage d’entreprise pour pouvoir s’installer.

Jérôme Landry, maire de Matane

Bouilloire de 10 millions de dollars

Il y a sept ans, le gouvernement du Québec confirmait la moitié des 10 millions de dollars nécessaires pour acquérir la chaudière à biomasse. L'investissement devait permettre à l’usine Smurfit Stone, devenue plus tard Rock Tenn, d’améliorer l’efficacité énergétique et d'assurer la pérennité des 110 emplois.

Plus tard, un promoteur a voulu transformer les lieux en usine de cogénération d’électricité, mais il a échoué.

Il y a un peu plus d’un an, Matane a facilement mis la main sur le bâtiment pour 1 $ à cause des taxes impayées, toutefois le dossier n’a pas été aussi simple pour récupérer la chaudière qui se trouvait à l’intérieur. Le dossier s'est judiciarisé.

Combien vaut la chaudière aujourd’hui?

« Ça vaut le prix que quelqu’un est prêt à donner pour l’acquérir », dit le maire Landry, qui ne connaît pas la valeur de la bouilloire qui n'a pas fonctionné depuis quelques années. Il promet qu’un expert l’examinera si une offre formelle est déposée, ce qui n'est jamais encore jamais arrivée.

On s’entend que ça ne se bouscule absolument pas pour acquérir la machine donc au niveau de la valeur on est plus ou moins certain.

Jérôme Landry, maire de Matane

Quel est l'avenir de l’ancienne usine?

La chaudière à biomasse pourrait améliorer les chances de la Ville de trouver une nouvelle vocation à l’immense bâtiment, croit le maire. La proximité du port de mer et la présence du rail sur le site permet aussi d’envisager plusieurs possibilités.

Jérôme Landry estime que l’ancienne usine pourrait se transformer en vaste entrepôt, la bouilloire pourrait servir à créer de la chaleur pour sécher du bois ou chauffer d’autres bâtiments du parc industriel. « La politique énergétique laisse une très grande place à la biomasse, ce qui ouvre des portes », soutient-il.

Il ne reste qu’un détail à régler : les machines à fabriquer le carton sont encore à l’intérieur et le propriétaire tarde à les récupérer. Le maire Landry espère ne pas avoir besoin de recourir au tribunal pour le forcer à vider l’endroit.