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Bras de fer entre le Groupement forestier Shick Shock et la MRC de la Haute-Gaspésie

La MRC de la Haute-Gaspésie maintient sa décision de 2016 d'aller en appel d'offres pour les travaux sylvicoles des lots intramunicipaux. Le Groupement forestier coopératif Shick Shock, qui gérait auparavant ces contrats, dénonce cette décision qui, selon lui, fera perdre de l'emploi à ses travailleurs et de l'argent aux contribuables.

Un texte de Joane BérubéLe préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie Allen Cormier explique que les maires souhaitent, avec le processus d’appel d’offres, donner une chance égale à toutes les entreprises d’aménagement forestier de la Haute-Gaspésie.

Cette décision est toutefois loin d’éteindre le contentieux sur l’octroi du contrat des travaux sylvicoles entre la MRC de la Haute-Gaspésie et le Groupement forestier coopératif Shick Shock à qui ces contrats étaient auparavant accordés de gré à gré.

Dorénavant, le Groupement pourra soumissionner comme les autres et ce sera à eux de faire valoir leurs arguments et de présenter un dossier bien étoffé, indique le préfet.

Incompréhension

Le directeur général Groupement forestier Shick Shock, Michel Marin, s’explique mal la décision de la MRC de la Haute-Gaspésie.

D’autant plus, dit-il, que les contrats d’aménagement forestier des lots intramunicipaux sont toujours accordés de gré à gré dans d’autres MRC du territoire et que ce type de contrat est soumis à un tarif fixé par Québec. Légalement, la MRC n’est donc pas tenue de recourir à l’appel d’offres, mais peut décider de le faire.

Michel Marin rappelle toutefois que la gestion des lots intramunicipaux a été déléguée par Québec aux groupements forestiers en 1982 puis cette délégation a été confiée aux MRC en 1997. « Cela fait aussi partie de notre historique de travaux », relève M. Marin.

Plus cher

Le gestionnaire du groupement considère de plus que la nouvelle formule n’est pas rentable pour la MRC et, incidemment, pour la population de la Haute-Gaspésie.

La MRC pouvait bénéficier d’un contrat « clé en mains », soutient M. Marin

Ce dernier souligne qu’avec la nouvelle formule les revenus des droits de coupe ne sont plus des revenus nets pour la MRC.

Michel Marin ajoute que la MRC a dû rémunérer les entreprises pour les travaux d’ingénierie ce qui était auparavant inclus dans les contrats du Groupement. La MRC entend d’ailleurs embaucher un ingénieur forestier au printemps.

Le Groupement avait demandé une rencontre avec les élus pour faire valoir ses arguments ce qui n'a pas été accepté.

« On est très, très déçus de l’attitude de la MRC. On a proposé des solutions qui, d’après nous, feraient l’affaire de tous. La MRC veut aller en appel d’offres sur les travaux de récolte, on a de l’ouverture là-dessus. »

Rencontre la semaine prochaine

La MRC a plutôt décidé de convoquer une réunion à la mi-avril pour informer les entreprises intéressées du nouveau fonctionnement de la MRC quant à la gestion de ces lots boisés.

Le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, précise que tous les maires du territoire ainsi que des représentants du ministère des Forêts seront présents à cette rencontre.

Le directeur du Groupement ne comprend pas non plus le manque de considération pour les 45 travailleurs de la coopérative qui pourraient perdre de trois à quatre semaines de travail par saison.

« Les travailleurs sylvicoles évoluent dans un environnement difficile, dit-il. C’est un travail à forfait, les marges bénéficiaires sont minces, les travailleurs sont saisonniers et vivent toujours dans le stress de savoir s’ils vont se qualifier à l’assurance-emploi. »

Le préfet de la MRC, Allen Cormier, estime à environ 95 000 $ le montant versé en moyenne chaque année pour les travaux sylvicoles. Environ 15 000 mètres cubes de bois sont à couper chaque année dans les lots intramunicipaux de la Haute-Gaspésie.

La MRC entend lancer le processus d’appel d’offres au cours des prochaines semaines.

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