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Brault & Martineau ferme son magasin syndiqué de Repentigny

En pleine négociation de leur première convention collective, les employés syndiqués du Brault & Martineau de Repentigny ont eu une très mauvaise surprise mardi en apprenant que le magasin sera mis en vente avant de fermer ses portes.

Aucun des 26 conseillers-vendeurs ne pourra être muté dans d'autres succursales, a déploré le négociateur syndical de la section locale 501 des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), André Gingras, au cours d'un entretien téléphonique.

La moyenne d'ancienneté est d'environ 15 ans. Ce matin, ces employés se sont fait dire : ''Votre magasin est à vendre et vous allez tous perdre vos emplois.'' Il n'y a pas de possibilité d'être transféré dans une des neuf autres succursales.

André Gingras, négociateur syndical pour les TUAC

Selon M. Gingras, cette décision « antisyndicale » n'est pas sans rappeler l'attitude du géant américain Walmart, qui a fermé son magasin de Jonquière il y a une dizaine d'années après que ses employés se furent syndiqués.

Le négociateur syndical, qui n'était pas présent au moment de l'annonce, s'est fait raconter par ses membres que Brault & Martineau ne voulait pas investir dans son magasin et que celui-ci ne se trouvait pas à un emplacement « stratégique ».

La direction de Brault & Martineau n'avait pas fait de commentaires en fin d'après-midi.

En dépit de la décision du détaillant, la rencontre de conciliation prévue entre les deux parties devant le ministère du Travail s'est déroulée comme prévu mardi matin. Brault & Martineau a déposé une offre globale, qui, selon M. Gingras, est l'équivalent du statu quo.

Je ne comprends pas la stratégie de l'employeur, parce que nous sommes encore en train de négocier. Ils annoncent la fermeture, mais continuent de négocier. C'est bizarre.

André Gingras, négociateur syndical pour les TUAC

Une autre rencontre de conciliation est prévue le 20 février entre les deux parties en ce qui concerne la convention collective.

Les magasins de Repentigny et de Saint-Léonard s'étaient syndiqués en avril dernier, quelques mois après les employés de Laval.

Ce n'est pas la première fois que Brault & Martineau se retrouve en conflit de travail avec ses employés. Un lock-out avait été décrété au magasin de Laval en pleine négociation du premier contrat de travail. C'est finalement un arbitre qui avait ordonné le retour au travail des syndiqués. Les TUAC et l'employeur sont maintenant en arbitrage dans ce dossier.

Les 171 travailleurs membres du syndicat Unifor au centre de distribution, situé dans l'Est de Montréal, s'étaient retrouvés en lock-out en février 2016, il y a un peu moins d'un an. Ils avaient accepté la proposition d'une médiatrice pour dénouer l'impasse en avril dernier.