Retour

Brexit : les marchés subissent les secousses de l'incertitude

Les marchés monétaires et boursiers ont dégringolé à mesure qu'étaient dévoilés les résultats du référendum au Royaume-Uni, qui s'est soldé par la victoire des partisans de la sortie du pays de l'Union européenne (UE).

Après l'annonce de la victoire du Brexit par plusieurs médias, la livre britannique a plongé de plus de 10 % par rapport au dollar et a atteint son plus bas niveau depuis septembre 1985.

Elle s'était d'abord élevée au-dessus de 1,50 dollar à la fermeture des bureaux de vote britanniques jeudi, mais elle a ensuite glissé sous le 1,33 dollar vendredi dans les échanges asiatiques.

Le sterling a aussi abandonné 12 % face au yen japonais. L'euro a perdu 2,5 % par rapport au dollar. 

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé que le Royaume-Uni allait être privé de sa note longue. « Nous pensons que le rating AAA ne peut être conservé dans ces circonstances », a dit l'agence au Financial Times.

La Banque d'Angleterre a dit être prête à débloquer 250 milliards de livres sterling supplémentaires pour soutenir les marchés financiers et à envisager d'autres mesures dans les semaines à venir.

La Banque centrale européenne (BCE) a aussi dit être prête à injecter des liquidités en euros et en devises.

« À la suite du résultat du référendum au Royaume-Uni, la Banque centrale européenne surveille attentivement les marchés financiers et entretient des contacts étroits avec d'autres banques centrales », écrit-elle dans un communiqué.

Temps difficiles pour les bourses européennes

La Bourse de Londres a plongé de près de 8 % à l'ouverture. La valeur de certaines grandes banques comme la Banque Royale d'Écosse, Barclays et Lloyds Banking Group s'est effondrée de près de 30 %. En peu de temps, elles ont perdu jusqu'à 116 milliards d'euros de capitalisation boursière.

Leurs homologues de la zone euro souffrent également avec des reculs compris entre 13 % et 19 % pour les françaises BNP Paribas et Société générale, l'allemande
Deutsche Bank, l'espagnole Banco Santander ou encore l'italienne Intesa Sanpaolo.

La Bourse de Paris a reculé de plus de 8 % et la place financière de Francfort, environ 7 %, vendredi matin. 

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro chute de plus de 8 % et le FTSEurofirst 300 de près de 7 %.

À Madrid et Milan, en Espagne, il pourrait s'agir de la baisse la plus importante jamais enregistrée.

Aux États-Unis, les contrats à terme sur l'indice S&P 500 et le Nasdaq E-mini 100 ont diminué de 6 % en début de séance. Le Dow Jones, lui, a cédé 3,8 %.

Le choc pourrait contraindre la Réserve fédérale américaine à renoncer à ses projets de hausse des taux cette année. Cela pourrait aussi inciter les grandes banques centrales à prendre de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire pour soutenir l'économie.

De son côté, la Bourse de Tokyo a perdu près de 8 %. 

Une fois le camp du « out » donné gagnant, la Banque du Japon s'est dite « prête à injecter des liquidités », en collaboration avec les autres banques centrales, dans le but de stabiliser les marchés. Pour sa part, le ministre japonais des Finances a assuré qu'il était prêt à réagir « fermement » aux mouvements brusques des marchés des changes.

La Fédération bancaire française (FBF) a estimé vendredi que la réaction des marchés financiers au Brexit était « gérable ». Elle croit aussi que les banques françaises étaient préparées pour gérer les conséquences immédiates du référendum.

La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé être elle-même intervenue sur le marchés des changes pour faire baisser le franc suisse.

Les plus grandes banques centrales du monde ont établi des dispositifs d'urgence afin d'assurer au marché des changes un approvisionnement en devises en cas de perturbations. De telles mesures ont d'ailleurs été utilisées pour la première fois après les attentats du 11 septembre 2001. Elles ont aussi été utilisées durant la crise financière mondiale de 2008.

Le premier ministre de l'Australie, Malcolm Turnbull, s'attend à une période d'incertitude et à de l'instabilité sur les marchés mondiaux, a-t-il dit vendredi. L'effet direct du Brexit sur l'Australie, d'un point de vue juridique, sera limité, selon lui, parce qu'il faudra quelques années au Royaume-Uni pour négocier sa sortie de l'UE.

Plus d'articles

Commentaires