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Budget 2017 à l'Î.-P.-É. : retour à l'équilibre budgétaire

Le gouvernement libéral de l'Île-du-Prince-Édouard mise sur la croissance économique pour équilibrer son budget sans hausser les impôts et tout en augmentant ses investissements dans la santé, l'éducation et les services sociaux.

Le ministre des Finances, Allen Roach, prévoit un surplus d'environ 600 000 $ pour le prochain exercice financier. Il fait le pari qu'une croissance économique de plus de 2 % amènera quelque 40 millions de dollars de plus dans les coffres de la province.

Les transferts fédéraux de la province devraient également augmenter d'environ 30 millions de dollars, pour atteindre 705 millions de dollars.

La province insulaire a conclu l'exercice financier 2016-2017 avec un déficit de près 18 millions de dollars, soit près du double du déficit prévu.

« Mon mandat était clair : réduire la dette et équilibrer le budget. Je suis très heureux d'avoir atteint mon objectif », a déclaré Allen Roach. « La clé de voûte est notre croissance, notre économie et nos exportations. La pêche et l'agriculture vont très bien. Nous battons des records en matière de tourisme. »

Augmentation des dépenses et réduction des impôts

Le grand argentier à Charlottetown croit être en mesure de réduire les impôts pour 85 000 Insulaires, soit la grande majorité de la population active de la province.

Le gouvernement libéral de Wade MacLauchlan prévoit augmenter les dépenses en santé de l'ordre de 5,8 % pour atteindre 653 millions de dollars, la plus forte hausse en 10 ans. Les dépenses en matière de santé mentale et de soins à domicile seraient bonifiées de 1,2 million de dollars, en vertu de l'entente récemment conclue avec Ottawa sur les transferts en santé.

Le ministre Allen Roach propose d'ajouter 5,4 millions de dollars à l'enveloppe en éducation, pour la porter à 256 millions de dollars. Les budgets de fonctionnement des écoles anglaises et françaises seraient bonifiés d'environ 6 millions de dollars.

Le gouvernement insulaire engagerait aussi 400 000 $ dans des programmes de soutien au mieux-être des élèves, notamment pour un projet pilote dans deux écoles anglophones de la province.

Au niveau postsecondaire, les subventions au Collège de l'Île augmenteraient de 1 %.

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard prévoit aussi relever de 6,6 millions les dépenses pour soutenir les Insulaires dans le besoin.

Pour l'opposition, toutefois, l'équilibre budgétaire ne tient pas à grand chose.

« Le gouvernement se base sur le prix du homard, la récolte de pommes de terre et une belle météo. Mais il n'a aucun contrôle là-dessus. C'est très difficile de faire de telle projections budgétaires sans aucune garantie », estime la députée progressiste-conservatrice Darlene Compton.

L'élue de Belfast-Murray River rappelle que le déficit anticipé pour 2016-2017 a presque doublé dans les derniers mois de l'exercice.

À son tour, le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, juge les projections du gouvernement trop optimistes. « La province se base d'abord et avant tout sur une hausse anticipée des transferts fédéraux. Vraiment, c'est Ottawa qui boucle notre budget », argumente-t-il.

Pas de revenus d'une taxe sur le carbone

Dans son budget, le ministre des Finances n'anticipe toutefois aucun revenu d'une éventuelle taxe sur le carbone, même si le gouvernement fédéral oblige les provinces à se doter d'une stratégie pour taxer la pollution à hauteur de 10 $ la tonne à compter du 1er janvier 2018.

« Nous devons être prudents. Nous surveillons de près ce qui se passe dans les autres provinces. Nous voulons que les Insulaires soient traités de manière équitable », se défend Allen Roach.

La progressiste-conservatrice Darlene Compton s'inquiète du peu d'information disponible par rapport à la taxe sur le carbone. Elle craint que le gouvernement opte pour un système régional de plafonnement et d'échanges qui, selon elle, désavantagerait la province.

L'automne dernier, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a adopté un budget d'immobilisations de 96 millions de dollars, qui inclut notamment une somme de 10 millions de dollars pour le remplacement de l'école de langue française La-Belle-Cloche, près de Souris.

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