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Budget du Québec : le gouvernement Couillard ajuste le tir

Avec son troisième budget, le ministre des Finances, Carlos Leitao, dégage une mince marge de manoeuvre qui adoucit certains changements mis en place au cours des deux dernières années d'austérité. Mais la rigueur demeure dans les cartons du gouvernement, qui présente un budget au « fragile » équilibre.

Un texte de Gaétan PouliotTwitterCourriel

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a fait de l'éducation une « priorité nationale ». Chose promise, chose due : les budgets alloués à cette mission essentielle de l'État augmentent de 3 % cette année, soit une hausse de 500 millions de dollars.

Cette petite bouffée d'air donnera un répit au réseau de l'éducation, qui avait vu s'instaurer un contrôle très serré de ses dépenses depuis l'élection du Parti libéral.

Ces compressions avaient soulevé l'indignation de la population. Au cours des derniers mois, des milliers de parents et d'enseignants s'étaient mobilisés - en faisant des chaînes humaines, notamment - pour dénoncer cette situation.

Le délabrement de plusieurs écoles de la région de Montréal symbolisait d'ailleurs le désinvestissement de l'État, attisant la grogne de la population.

Reculs du gouvernement

Le gouvernement recule aussi concernant la hausse des tarifs pour les familles qui ont recours à un service de garde.

Le budget déposé jeudi à l'Assemblée nationale annonce une baisse de 50 % de la contribution demandée aux parents pour un deuxième enfant en garderie.

Cette mesure, rétroactive pour l'année 2015, répond au mécontentement des familles, dont certaines avaient sursauté en faisant leur déclaration de revenus.

Le gouvernement revient aussi à son plan initial d'abolir la taxe santé d'ici 2018. Cette promesse libérale, remontant à la campagne électorale, avait été reportée d'un an lors du budget de l'an dernier. Lorsque la taxe santé sera abolie, l'économie pour les contribuables totalisera près de 760 millions de dollars.

Mis à part ces nouveaux investissements, le budget ne présente aucune autre baisse d'impôts ou de taxes - ni de hausse.

La rigueur se poursuit

La rigueur budgétaire demeure cependant une réalité, puisque la marge de manoeuvre du gouvernement finance surtout le réseau de l'éducation.

Les budgets de cinq ministères sont encore amputés cette année, dont celui du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ainsi que celui de la Famille.

L'équipe de Philippe Couillard a par ailleurs toujours l'intention de réduire le nombre de fonctionnaires qui travaillent pour le gouvernement.

Et l'effort pour maintenir l'équilibre n'est pas terminé. Le budget Leitao annonce déjà que les ministères devront faire de nouvelles économies l'an prochain. La fonction publique devra encore se serrer la ceinture.

Réduire la dette

Au-delà du déficit zéro, le budget mise sur une réduction du poids de la dette. Cela est une « priorité », a affirmé le ministre des Finances lors de la présentation de son budget.

En 2016, le gouvernement versera 2 milliards de dollars au Fonds des générations, qui a pour mission de rembourser la dette québécoise, qui atteint actuellement 55 % du PIB.

En fin de compte, le gouvernement Couillard garde le cap sur la rigueur avec ce budget tout en tentant de ménager les sensibilités du public. Une navigation à vue, dont l'objectif est la campagne électorale de 2018.

Il reste donc deux ans au gouvernement pour remplir sa promesse de réduire les d'impôts des Québécois.

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