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Budget équilibré en Colombie-Britannique : des mesures pour l'immobilier et les enfants

« Équilibre » et « prudence ». Le ministre britanno-colombien des Finances Mike de Jong, qui a dévoilé son budget 2016, continue de présenter la province comme le moteur de l'économie canadienne.

Pour son avant-dernier budget avant les élections provinciales de mai 2017, le gouvernement libéral veut aussi répondre à la crise immobilière et au problème du coût de la vie de plus en plus exorbitant pour les Britanno-Colombiens.

Un texte de Anne-Diandra Louarn à Victoria

Il s'agit du quatrième budget équilibré qu'a présenté fièrement Mike de Jong, soulignant 377 millions de dollars de surplus pour l'année en cours et 264 millions pour l'année prochaine. S'ajoute à cela un fonds de prévoyance de 350 millions de dollars pour lutter contre les situations d'urgence, les feux de forêt ou encore les potentielles crises climatiques.

Bastion de la croissance canadienne avec ses 2,5 % prévus contre 1,5 % de moyenne nationale, la Colombie-Britannique profite, selon Mike de Jong, de sa stabilité et de sa diversité économique. Il s'enorgueillit de la code de crédit AAA de la province, alors que l'Alberta et la Saskatchewan ont dégringolé aux yeux des agences internationales de notation. « Le club exclusif auquel je faisais référence l'année dernière est réduit à un seul membre », a commenté le ministre.

Pour maintenir son budget à flot, la province a largement pu compter sur l'impôt sur le revenu qui a généré huit milliards de dollars. Parmi les autres sources de revenus notables en forte augmentation cette année :

  • 6 milliards issus de la taxe de vente ;
  • 2,4 milliards en primes d'assurance maladie ;
  • 1,5 milliard provenant de la taxe sur le transfert de propriété.

Les revenus de la taxe sur le transfert de propriété, qui ont bondi de 40 % en un an, sont l'une des clés du budget équilibré 2016.

Sans surprise, le grand perdant du budget est le secteur du gaz naturel. À titre d'exemple, il a rapporté 10 fois moins que l'immobilier avec seulement 151 millions en redevances. Celles-ci ont chuté du deux tiers depuis l'an dernier, une véritable déception pour le ministre des Finances, malgré, dit-il, toutes « les précautions prises » depuis plusieurs années par le gouvernement pour évaluer le potentiel du secteur.

Contrairement à l'année dernière, le gaz naturel a été relégué au second plan dans le discours du budget, une simple parenthèse pour constater que les ambitions en matière de gaz naturel étaient effectivement évanouies.

Collecte des données sur la nationalité des futurs propriétaires

En première ligne des mesures annoncées pour les Britanno-Colombiens figure la réponse très attendue à la crise immobilière dans le Grand Vancouver. En plus des 355 millions consacrés au logment abordable promis récemment par la première ministre Christy Clark, Mike de Jong veut aussi « faciliter l'accès au marché de l'immobilier pour les familles ».

Une exemption de la taxe sur le transfert de propriété est désormais applicable pour tous les nouveaux logements construits, y compris les condominiums, d'une valeur maximale de 750 000 $. Une condition à souligner : être Canadien ou résident permanent et vivre de façon permanente dans le logement acquis.

En proposant un coup de pouce pouvant atteindre 13 000 $ pour les acheteurs, Mike de Jong « espère provoquer une réponse des acteurs du secteur immobilier ».

Toutefois, pour compenser cette perte de revenus, les propriétés de plus de deux millions de dollars verront le taux de la taxe passer de 2 à 3 %.

Interrompue depuis 1998, la collecte de données sur l'origine des nouveaux propriétaires sera reprise afin de mieux comprendre l'impact des investisseurs étrangers sur le marché. La même règle s'appliquera pour les acquisitions faites par des entreprises.

En revanche, aucune mesure n'a été annoncée pour controler la flambée des prix de l'immobilier, car Mike de Jong souhaite que la Colombie-Britannique reste « attractive pour les investisseurs », une terre « où l'on vient pour réussir ».

Les enfants exemptés de la prime d'assurance maladie

La controversée prime d'assurance maladie, accusée par l'opposition d'être un impôt déguisé, augmentera de 4 % , mais ne sera plus prélevée pour les enfants. Les changements seront en vigueur le 1er janvier 2017. 

  • prime majorée de 4 %;
  • enfants exemptés de la prime ;
  • réductions pour les aînés et les démunis en fonction des revenus - 335 000 personnes concernées;
  • deux adultes d'un même couple devront désormais payer chacun une cotisation individuelle, soit une augmentation d'environ 14 $ par mois.

Coup de pouce pour les enfants et les handicappés

Le ministère du Développement social recevra 286 millions d'aides pour les adultes dans le besoin et celui des  Enfants et du Développement de la famille recevra 217 millions sur 3 ans, moins que les 250 millions promis. Près des trois quarts de l'enveloppe (150 millions) sera allouée aux enfants sous tutelle de la province

Parmi les mesures : 

  • les handicapés recevront 77 dollars d'allocation en plus par mois ;
  • 51 millions seront consacrés aux enfants avec des besoins spéciaux ;
  • 3 millions iront à la simplification des procédures d'adoption.

Le ministère de la Santé demeure de loin le premier budget de la province avec ses près de 18 milliards de dollars. Le deuxième poste de dépenses du gouvernement, l'éducation, reçoit 60 millions d'investissements pour atteindre 5,6 milliards de dollars de budget.