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« Buy American »: les exportateurs canadiens pourraient être touchés

Le décret signé mardi par le président américain Donald Trump a de fortes chances d'affecter les marchandises que le Canada envoie vers ses voisins du Sud. Il s'agit d'une valeure totale de 400 milliards de dollars de marchandises. Les règles entourant certains visas destinés aux travailleurs étrangers pourraient aussi être resserrées.

Un texte de Colin Côté-Paulette

Baptisé « acheter américain, embaucher américain », l'ordre exécutif pourrait rendre la vie dure aux entreprises qui font des affaires avec les États-Unis ainsi que les Canadiens qui travaillent au sud de la frontière.

« Pour les entreprises canadiennes qui veulent vendre aux États-Unis, aussitôt que le gouvernement fédéral va être impliqué, ça risque d'augmenter les complications », explique Germain Belzile, chercheur associé senior à l'Institut économique de Montréal.

En 2016, les États-Unis recevaient 76 % des exportations canadiennes.

M. Belzile conseille aux gens qui font des affaires aux États-Unis de s'adresser aux élus des autres paliers gouvernementaux américains, qu'il considère comme « nos meilleurs alliés » présentement.

L'Ontario est la province avec le plus d'échanges commerciaux avec les États-Unis. Les exportations de la province avec l'État du Michigan par exemple, s'élevaient à 28 milliards de dollars en 2016.

De nouvelles règles en ce qui a trait aux visas

De plus, l'administration Trump a annoncé qu'il y aurait de nouvelles mesures concernant l'obtention de visas issus du programme H1-B.

Dans la région frontalière de Windsor-Essex, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, environ 5000 personnes travaillent aux États-Unis dans la grande région de Détroit. Certains travailleurs craignent qu'une situation comme celle de l'hôpital Henry-Ford ne se reproduise.

La majorité d'entre eux ne devrait toutefois pas être affectée par les nouvelles règles d'obtention des visas puisque celles-ci s'appliqueront au programme H1-B. La plupart des citoyens de la région possèdent un visa de type TN.

Ces changements annoncés ne sont toujours pas en vigueur, affirme le président de la Chambre de commerce de Windsor-Essex, Matt Marchand. « Je comprends que l'administration américaine poursuit son agenda politique du Buy American, mais ces mesures nécessitent des changements aux lois et on ne les voit pas encore », explique-t-il. Il souligne que ses membres surveillent tout de même de près tout changement législatif.

Le secteur automobile ontarien est celui qui affiche le plus de liens avec l'économie américaine. Selon M. Marchand, ce secteur ne devrait pas souffrir des nouvelles politiques américaines.

« Pour le moment, on ne voit pas beaucoup d'intérêt du côté du Michigan pour une augmentation de certaines taxes sur les pièces automobiles aux douanes », observe-t-il.

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