Les magasins Sears du pays ont fermé leurs portes définitivement, dimanche soir.

La saga de la faillite de Sears, autrefois un des magasins à grande surface les plus importants au pays, a fait couler beaucoup d’encre.

Pour plusieurs consommateurs, il s’agit notamment du magasin responsable de l’entretien de leurs électroménagers. Leur service d’entretien à domicile était un des fleurons de l’entreprise durant ses années de gloire. Or, les garanties prolongées achetées chez Sears ne sont plus valides depuis le 18 octobre dernier.

Et pour bien des gens, surtout ceux qui habitaient dans des régions éloignées des grands centres, c’était « le magasin du catalogue ». Autrefois, grâce à ses commandes à distance, le catalogue de Noël faisait rêver les enfants.

C’est peut-être d’ailleurs surprenant qu’un magasin qui a connu ses plus belles années grâce à des commandes à distance n’ait pu s’adapter à l'expansion du commerce en ligne, selon Jean-François Ouellet, professeur agrégé à HEC Montréal.

M. Ouellet n’est d’ailleurs pas le seul à croire que Sears a été victime du commerce en ligne. C’est aussi l’opinion de Jean-Claude Poitras, professeur en marketing au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Dieppe (CCNB).

Ce n’est qu’en 2012 que Sears avait annoncé avoir implanté une stratégie dans le but d’améliorer sa présence en ligne.

Moins de deux ans plus tard, la maison mère de Sears Canada annonçait que plus de 1600 postes étaient abolis.

Puis, en juin 2017, Sears Canada se plaçait à l'abri de ses créanciers.

Les employés de Sears sont d’ailleurs ceux qui ont été le plus durement touchés par la fermeture des magasins partout au pays. En juillet, certaines employées ont affirmé que Sears avait cessé de respecter ses engagements envers elles.

La nouvelle que les dirigeants de l’entreprise s’étaient versé de généreuses primes salariales malgré la mise à pied de milliers d'employés avait d’ailleurs indigné une partie de la population, menant à une campagne de boycottage de l’entreprise.

En octobre, une ex-employée centenaire de l’entreprise perdait ses avantages sociaux en raison de la faillite du géant du commerce du détail. Lisa Okill, résidente de Moncton au Nouveau-Brunswick, a perdu son assurance vie et le programme d’indemnité en cas de maladie dont elle bénéficiait.

Et, au final, même la gestion des ventes de liquidation avait suscité la colère des consommateurs. Par exemple, une mère de famille ontarienne avait remarqué au mois d'octobre que certains prix de liquidation, affichés à l’aide d’autocollants, étaient plus élevés que les prix originaux qui se retrouvaient en dessous desdits autocollants.

Au total, près de 12 000 personnes d’un océan à l’autre auront perdu leur emploi.

Les magasins Sears étaient présents au Canada depuis 1953.