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C Series : La situation de Bombardier demeure « fragile », dit Péladeau

La commande ferme de 75 appareils de la C Series de Bombardier par Delta Air Lines réjouit les partis d'opposition. Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec continuent cependant de croire que le gouvernement Couillard a fait une erreur en investissant uniquement dans cet avion, plutôt que dans l'ensemble de l'entreprise.

« Nous ne pouvons faire autre chose que nous en réjouir, dans la mesure où notre industrie aéronautique est extrêmement importante », a commenté Pierre Karl Péladeau, en début de journée. « Elle constitue un de nos piliers en matière d'exportations [et] en matière d'innovation. »

Le chef péquiste maintient toutefois que le gouvernement Couillard s'est trompé de « véhicule » en mettant ses billes dans une nouvelle coentreprise dont Québec détient 49,5 % plutôt qu'en investissant dans la compagnie mère ou dans la division aéronautique de Bombardier.

Le cas échéant, « les citoyens du Québec qui participent au financement de la Série C auraient été récompensés, mais auraient diminué leurs risques, parce que les actifs qui leur auraient permis de faire en sorte d'avoir un retour sur l'investissement auraient été plus nombreux », a soutenu M. Péladeau

« Il n'y a pas que la Série C qui est vendue comme produit par Bombardier. Il y a des Challengers, des Q400, des CRJ. Ce sont des actifs qui rapportent à l'entreprise », a-t-il rappelé.

Selon le chef péquiste, les états financiers de Bombardier montrent que sa situation « demeure fragile ». Il presse conséquemment le gouvernement fédéral d'investir « l'argent nécessaire pour assurer la pérennité à moyen et à long terme de la compagnie ».

« Il ne faut pas se raconter des histoires. Les flux de trésorerie sont négatifs, les marges d'exploitation sont en baisse. Alors j'ai l'intime conviction que l'entreprise va devoir avoir de nouvelles injections de capital.

« C'est la raison pour laquelle nous sommons le gouvernement fédéral de faire le nécessaire pour que cette contribution, qui est celle des Québécois à l'intérieur du gouvernement fédéral, puisse soutenir notre industrie aéronautique ».

« Nous verrons en quoi consiste la négociation. Mais il y a toutes sortes de rumeurs qui circulent à l'effet que le gouvernement fédéral ne souhaitait pas suivre la piste utilisée par Québec », a-t-il poursuivi.

« Est-ce que c'est une raison suffisante pour que l'argent que nous envoyons à Ottawa chaque année ne soit pas réinvesti à l'intérieur de cette grande et importante industrie qu'est celle de l'aéronautique? »

À l'instar de M. Couillard, le chef péquiste souligne que le gouvernement fédéral a investi dans le secteur automobile en Ontario, et que le secteur aéronautique revêt une importance comparable au Québec.

M. Couillard « ne peut pas réécrire l'histoire », dénonce Legault

« C'est une bonne nouvelle et on doit tous se réjouir », estime le chef de la CAQ, en évoquant une « étape importante » pour la C Series. François Legault déplore du même souffle que le premier ministre Couillard ait accusé les chefs de l'opposition d'avoir nui à Bombardier.

« Tous les chefs de parti souhaitent la réussite de la Série C, souhaitent la réussite des projets pour Bombardier », a-t-il lancé. « M. Couillard ne peut pas réécrire l'histoire, laissant entendre que les gens de l'opposition étaient contre l'entente avec Bombardier. »

Il soutient que son parti pressait le gouvernement de venir en aide à Bombardier bien avant l'annonce de la création de la coentreprise l'automne dernier. Un argument qu'avait également fait valoir M. Péladeau plus tôt.

« Là où on a un problème, c'est sur les moyens qui ont été pris. Et je continue à avoir des problèmes », a-t-il précisé. « Peut-être que ce sont des problèmes qui vont se régler avec l'entente avec Ottawa. C'est important de le répéter : Ottawa doit investir un montant équivalent dans Bombardier », soit un milliard de dollars américains.

Comme M. Péladeau, François Legault maintient que le gouvernement aurait dû investir dans la compagnie mère de Bombardier, et exiger davantage de garanties de sa part.

« Le gouvernement du Québec aurait dû exiger un maintien d'un certain nombre d'emplois au Québec et aurait dû exiger des garanties financières sur l'ensemble de l'entreprise, pas seulement sur une des divisions », précise le chef de la CAQ.

M. Legault ne croit pas que des commentaires faits précédemment sur l'approche de Québec ont pu nuire à Bombardier, comme l'affirme M. Couillard.

« Quand on investit de l'argent des contribuables, c'est important de le faire de façon correcte », souligne-t-il. « Actuellement, concrètement, Bombardier pourrait quitter le Québec, pourrait fermer tout ce qu'il a au Québec, et on n'aurait rien à dire. C'est important que l'argent des contribuables soit bien dépensé. »

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