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Cameco menace de poursuivre la japonaise TEPCO après la résiliation d’un contrat

La multinationale canadienne Cameco (TSX:CCO) n'hésitera pas à s'adresser aux tribunaux si l'entreprise japonaise Tokyo Electric Power Company Holdings (TEPCO) entend bel et bien annuler le contrat d'approvisionnement en uranium qu'elle a signé.

TEPCO a prévenu Cameco mardi qu’elle n’acceptera pas la livraison d’uranium prévue mercredi. La semaine dernière, le géant japonais de l’énergie a fait parvenir à l’entreprise canadienne un avis de résiliation de contrat.

L'entreprise japonaise fait valoir que sa centrale électrique n’a pas été en mesure de fonctionner en raison d’un événement de force majeur lié à des modifications à la réglementation gouvernementale. Le géant TEPCO exploite notamment la centrale de Fukushima.

Le président-directeur général de Cameco, Tim Gitzel, affirme que cela n’annule pas le contrat puisque d’autres centrales japonaises ont pu reprendre du service après l’incident de Fukushima.

« L’énergie nucléaire n’est pas interdite au Japon. En fait, trois centrales sont en marche présentement et sept autres ont reçu l’approbation pour reprendre leurs activités », a fait valoir M. Gitzel.

Selon Cameco, des difficultés financières seraient plutôt à l’origine de cette annulation d’entente.

« Nous sommes d’avis que TEPCO n’aime pas les termes du contrat auquel elle doit se conformer, particulièrement le prix, et qu’elle ne veut plus respecter ses engagements », ajoute le PDG.

Des précédents

La multinationale canadienne affirme qu’elle n’en est pas à sa première poursuite. Elle a dû se défendre dans une cause semblable en 2014. Les procédures judiciaires s’étaient alors étendues sur plus de deux ans.

Depuis la signature du contrat en 2014, TEPCO a reçu et payé près d’un million de kilos d’uranium. La résiliation du contrat aurait des répercussions sur plus de 4 millions de kilos de ce composé chimique qui doit être livré d’ici 2028, au coût d’environ 1,3 milliard de dollars.

Selon Cameco, 11 % de ces contrats proviennent de centrales japonaises.

Cameco estime qu’elle pourrait être privée de revenus d’environ 126 millions de dollars cette année. Elle prévoit générer des recettes totales oscillant entre 2,1 milliards de dollars et 2,2 milliards de dollars au cours de l’exercice.

Par ailleurs, le titre de Cameco a abandonné plus de 10 % en Bourse mercredi en raison de ce différend. En début de séance, le titre de la société a reculé de 2,02 $, ou 12 %, pour se négocier 14,55 $ sur le parquet torontois.