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Campagne de syndicalisation dans un cinéma : le tribunal semonce l'employeur

Le Tribunal administratif du travail vient de semoncer un employeur, dans le domaine des salles de cinéma, pour être intervenu dans le processus de syndicalisation de ses employés.

Il ordonne à cet employeur, Cinéma Banque Scotia Montréal, de s'abstenir d'utiliser son système de courriels ou tout autre moyen écrit ou électronique pour communiquer avec ses salariés au sujet de la campagne de syndicalisation en cours.

C'est la section locale 262 de l'Alliance internationale des employés de scène et de théâtre, des techniciens de l'image, des artistes et des métiers connexes qui avait demandé au tribunal d'émettre une ordonnance provisoire à ce sujet.

Le syndicat mène une campagne d'organisation syndicale. Or, pendant cette période, l'employeur a transmis une note à tous les employés, par le système de messagerie de l'entreprise, qui donne, selon le tribunal, des informations « tendancieuses » laissant l'impression que la syndicalisation serait « désavantageuse » pour eux.

« L'employeur laisse entendre que le salarié non syndiqué détient un avantage financier par rapport à son homologue syndiqué, dont le revenu est amputé en raison de son adhésion syndicale », écrit la juge administrative Anick Chainey.

« Que dire aussi du message véhiculé quant à la perte de flexibilité et les changements d'horaire, qui, si l'on en croit la note, deviendront certainement chose du passé », ajoute-t-elle.

« Qui plus est, les questions-réponses sont presque exclusivement formulées pour refléter l'image négative du droit d'association. On y traite de la pression des autres, de la façon de s'en sortir si on a signé une adhésion, de la perte de revenu en cas de grève. Ainsi, sous des allures d'informations neutres visant à favoriser un choix éclairé, le message véhiculé laisse plutôt perplexe quant aux avantages, s'il en est, de se syndiquer », écrit encore la juge Chainey.

Le tribunal a ainsi accordé en partie la demande d'ordonnance provisoire qui avait été requise par le syndicat. Les parties seront entendues sur le fond dans un peu plus de deux semaines.

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