Retour

Centre des congrès d'Halifax : un déficit de 18 M$ prévu

Halifax devra trouver 18 millions $ dans les dix prochaines années pour payer son nouveau centre des congrès, ouvert récemment au centre-ville. De sombres pronostics révélés cette semaine relancent le débat sur cet espace flambant neuf, ouvert en janvier dernier avec deux ans de retard.

Pour payer sa part des coûts associés au centre des congrès, la municipalité compte sur la taxe foncière que rapportera le Nova Centre, le complexe en construction dans le quadrilatère du centre-ville délimité par les rues Argyle, Sackville, Market et Prince, et dont le centre des congrès fait partie. La municipalité d’Halifax partage la facture moitié-moitié avec la province.

Seulement 30 % des espaces à bureaux du Nova Centre ont été loués, et la municipalité a admis cette semaine que la somme perçue en taxe foncière sera probablement moins élevée que prévu.

Cela veut dire que le montant que la ville comptait prélever ne serait pas suffisant pour acquitter sa part des frais d’exploitation du centre des congrès.

Mardi dernier, le conseil régional d’Halifax a autorisé une dépense de 301 000 $ pour des dépassements de coûts dans la dernière année fiscale.

Le conseil prévoyait un surplus de 5,8 millions $, dix ans après l’ouverture du centre. Les dernières projections indiquent que ce sera plutôt un déficit d’environ 18 millions $.

L’ouverture du centre des congrès, qui s’est fait en janvier avec deux mois de retard, tombe à un bien mauvais moment. Avec le boom de construction à Halifax, de nombreux espaces commerciaux sont disponibles. À 17 % selon une étude de marché de la firme Turner Drake, le taux d’inoccupation est inhabituellement élevé dans le quartier des affaires.

Un projet risqué, prévenait l'auteur d'un rapport il y a 8 ans

Christopher Majka, du Centre canadien de politiques alternatives, avait examiné en 2010 la faisabilité du projet de centre des congrès.

Il avait prévenu à l'époque que l'attrait des centres de congrès était en net déclin, qu'il n'y avait « aucun scénario » selon lequel le projet dans son ensemble pouvait faire ses frais, et que des estimations conservatrices laissaient redouter des pertes d'au moins 200 millions $ sur 25 ans.

« Le problème à l’époque, et maintenant, est qu’il était projeté que le nombre de délégués nationaux et internationaux triple après l’ouverture du centre des congrès, et ces chiffres, il faut le dire, ont été sortis de nulle part », explique M. Majka. « Ils n’étaient basés sur rien. »

Les centres de congrès attirent-ils encore des événements ?

Heywood Sanders, l’auteur du livre Convention Center Follies, considère que l’argument voulant que le centre des congrès rapporte de l’argent est un « fantasme de bureaucrates provinciaux ».

Il dit que des villes comme Ottawa, Vancouver et Calgary bâtissent des centres de congrès même si les réservations diminuent partout. Il signale qu’à Toronto, le centre de congrès avait accueil 70 salons et conventions en 1998, mais seulement 51 en 2017.

Pour Fred MacGillivray, toutefois, le centre des congrès a besoin de temps. L’ancien directeur général de Trade Centre Limited dit que la première année est difficile, car il croit les organisations réticentes à réserver un espace dans un bâtiment toujours en construction.

Dans un récent rapport, la municipalité d’Halifax dit que les réservations pour le centre « dépassent présentement les prévisions » et que « tous les signes » indiquent que l’installation « a extrêmement de succès et contribue à la vie économique et culturelle de la province ».

Plus d'articles