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Changement soudain à la direction de SNC-Lavalin

Robert Card, qui avait été nommé à la tête de la firme d'ingénierie dans la foulée des scandales liés aux supposés pots-de-vin versés en Libye et au Centre universitaire de santé de Mc Gill (CUSM), quitte soudainement ses fonctions. Il avait été mandaté pour faire le ménage dans la direction et doter la firme d'un système d'éthique et de conformité.

Un texte de Anne Panasuk

Neil Bruce, actuellement le chef de l'exploitation, le remplacera à compter du mois d'octobre. Or, ce dernier est inconnu dans le milieu économique ici. Originaire du Royaume-Uni, M. Bruce est entré chez SNC-Lavalin il y a deux ans et demi, au secteur des Mines de la métallurgie et du pétrole.

Il vient d'emménager à Montréal avec sa famille et suit des cours de français, nous a dit le porte-parole de la firme, Louis-Antoine Paquin.

Jean-Pierre Aubry, de l'Association des économistes du Québec, affirme qu'un départ semblable, qui n'est pas préparé de longue date et annoncé aux actionnaires, est rarement une bonne nouvelle.

Cela indique que les temps sont difficiles, ajoute-t-il, à moins que l'homme ne soit malade. Ce qui n'est pas le cas, nous affirme le porte-parole de SNC-Lavalin, qui ne peut nous dire par contre ce que fera Robert Card par la suite.

Dans le communiqué de presse de la firme, on peut lire : « Il demeure dans nos rangs comme conseiller auprès du conseil d'administration et du chef de la direction. »

Pour Michel Nadeau , directeur général de l'Institut de la gouvernance, cela indique que Robert Card n'a pas livré la marchandise. La rentabilité n'est pas là et la firme continue d'être ébranlée par les scandales.

Le PDG Robert Card aura tenté en vain d'éviter des poursuites criminelles contre la firme.

SNC-Lavalin fait face à des accusations de corruption de fonctionnaires étrangers, en vertu de la Loi canadienne, pour des paiements douteux qui auraient été versés pour obtenir des contrats en Libye.

Le PDG désirait que cela se règle à l'amiable, comme cela se fait aux États-Unis. Il aura toutefois obtenu qu'Ottawa assouplisse ses règles anticorruption envers les entreprises.

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