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Chantier Davie : Québec demande à Ottawa « sa juste part » des contrats

Les élus de l'Assemblée nationale, la direction de la Davie, les travailleurs et les sous-traitants réclament d'une seule voix que le chantier maritime reçoive sa juste part des contrats du gouvernement fédéral. Environ 800 employés pourraient perdre leur emploi d'ici trois semaines si Ottawa ne lui octroie pas la construction d'un nouveau navire.

Les députés de Québec ont adopté à l'unanimité mercredi une motion qui exige du gouvernement fédéral d'ajuster sa stratégie de construction navale afin que la province « obtienne sa juste part des contrats fédéraux ».

Le député caquiste de Lévis, François Paradis, a déposé la motion en avant-midi. « On se rend compte que du côté de Halifax et Vancouver, on signe des contrats à la queue leu leu. Faut que le Québec aille sa juste part », martèle le député de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Les travailleurs pourraient se retrouver sur le chômage dans les prochaines semaines si le gouvernement fédéral n'octroie pas un nouveau contrat au chantier maritime. Ils souhaitent obtenir le contrat pour la transformation d'un autre bateau, le navire Obélix.

« L’expertise, on l’a prouvé. On attend maintenant ce deuxième contrat, au nom des travailleurs, et au nom de l’industrie », a ajouté M. Paradis.

En juillet, le chantier maritime a inauguré le ravitailleur Astérix, qui doit bientôt être livré à la Marine royale canadienne. Le directeur général de Federal Fleet Services, Spencer Fraser, affirmait que le bateau avait été construit « pour le quart du prix de ce qui est prévu sur la côte ouest pour un bateau similaire ».

« En sept ans, il n’y a pas un seul bateau qui a été livré et nous on a largué le projet en deux ans. Il est fait, on livre le bateau le 1er décembre », indique M. Fraser.

Le président du syndicat, Réjean Guay, veut obtenir une réponse rapidement du fédéral. « C’est important d’annoncer aux employés qu’ils vont revenir », souligne-t-il.

Les sous-traitants donne leur appui

Plus de 900 sous-traitants du chantier maritime ont décidé d'interpeller les élus fédéraux pour que le gouvernement réponde à leur demande.

L'architecte Paul-Émile Barbeau, qui a réalisé les plans du navire Astérix, souligne que le chantier n’a rien à envier à ses compétiteurs.

« Ils ont réussi à livrer dans les délais et dans les budgets convenus. C'est exceptionnel! Les autres grands chantiers du Canada sont loin d'un tel accomplissement », dit-il.

Le chef d’entreprise Fabien Lambelet, qui assure la sécurité sur le chantier, soutient que Davie est un client majeur.

« En cas de retard d'un autre projet ou de suspension d'activités temporaires, c’est sûr que ça va avoir un impact majeur pour nous », déplore-t-il.

La maire de Lévis réagit

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, soutient également les travailleurs du chantier.

Dans un communiqué, il affirme avoir rencontré la haute direction de Davie dès le lendemain de son élection.

« Nous avons besoin rapidement d’un signal fort du gouvernement fédéral afin de préserver ces emplois qui ont généré au cours des trois dernières années plus de 2 milliards dans l’économie canadienne. De plus, Davie a conclu des contrats avec 996 fournisseurs canadiens, dont 814 sont situés au Québec », a-t-il déclaré.

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