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Chantier Davie : travailleurs et fournisseurs manifestent leur impatience

Les employés et les fournisseurs du chantier naval Davie veulent envoyer un signal d'alarme, au lendemain des révélations de Radio-Canada quant aux négociations qui piétinent avec Ottawa.

Une centaine de travailleurs du chantier Davie se sont rendus en avant-midi devant les bureaux du ministre fédéral Jean-Yves Duclos, sur le boulevard Charest.

Ils sont entrés à l'intérieur de l'immeuble une dizaine de minutes, avant d'être évincés par la police de Québec.

Les travailleurs se disent « surpris » que la Garde côtière ralentisse les négociations et écarte la conversion d'un des quatre brise-glaces.

« On s'est toujours douté qu'il y avait des hauts fonctionnaires qui étaient anti Davie à Ottawa, et de voir le reportage qui dit que la Garde côtière est peut-être frustrée de s'être fait imposer les négociations par le premier ministre, je trouve ça vraiment ordinaire », affirme Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudières-Appalaches.

Les travailleurs réclament pour le chantier de Lévis une juste part des contrats du gouvernement fédéral pour la conversion de brise-glaces.

À la mi-janvier, le premier ministre Trudeau de passage dans la région s'est engagé à faire débloquer les discussions, mais les employés et les fournisseurs du chantier attendent toujours.

Le président du syndicat, Régent Guay se dit inquiet pour l'avenir.

« Que le gouvernement se réveille, qu'il essaie de bouger. On a des fonctionnaires qui s'attardent à briser notre travail. Les employés se font mettre à pied, on perd nos emplois, nos expertises. Ça ne bouge et il ne se passe absolument rien » a-t-il déclaré en marge de la manifestation.

Les fournisseurs se sentent floués

L'Association des fournisseurs de Chantier Davie a fait savoir pour sa part qu'elle se sentait flouée par le premier ministre Trudeau.

Les fournisseurs s'attendent aussi à des réponses du fédéral.

Le président de l'Association des fournisseurs de Chantier Davie a rappelé lors d'un point de presse que le chantier lévisien a reçu moins de 1% de tous les contrats fédéraux.

« Cette situation-là elle a assez duré. On veut que le premier ministre fasse ses preuves. Qu'il prouve qu'il dirige le pays de main de maître. Actuellement, nous n'avons pas cette impression-là », a déclaré le président Pierre Drapeau.

Lévis offre son aide

La Ville de Lévis a décidé lundi soir d’accorder une aide financière de 15 000 $ à l'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada pour son projet de mobilisation et de représentation.

« C’est clair qu’on va rester ferme dans notre volonté de nous assurer que Davie va avoir la part des contrats », a souligné le maire Gilles Lehouillier.

La résolution a été apportée au conseil municipal.

Il ajoute que c’est « l’entente de 2011 qui est remise en question quant qu’aux critères qui ont été utilisés pour la sélection des deux autres chantiers ».

« On donne des milliards de contrats sur des critères plus qualitatifs qu’autre chose. Et ça, je pense que ça pourrait être remis en question sérieusement », a-t-il indiqué.