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Chemin de fer de Churchill : la compagnie iChurchill se retire des négociations

La compagnie privée iChurchill annonce son retrait des négociations pour la relance de la voie ferrée menant à Churchill, dans le nord du Manitoba, quelques semaines seulement après avoir déclaré publiquement son intérêt à acquérir le chemin de fer et le port.

Dans un communiqué mardi, l’entreprise de Calgary affirme que le négociateur du gouvernement fédéral ne souhaitait pas avoir de « dialogue constructif » avec iChurchill. Une situation que la compagnie déplore, puisqu’elle dit qu’elle était prête à réparer la voie ferrée cet été et restaurer le service vers Churchill dans les plus brefs délais.

Les résidents de Churchill n'ont plus de liaison terrestre depuis que le chemin de fer a été endommagé par des inondations printanières il y a un an.

iChurchill a signé une lettre d’intention avec l’entreprise américaine OmniTRAX, propriétaire du port de mer et de la voie ferrée, en mars 2018, rappelle le communiqué.

En entrevue avec Radio-Canada, le PDG d’iChurchill, Louis Dufresne, dit que son entreprise a déjà dépensé des fonds pour lancer des demandes de soumission avec OmniTRAX afin d'entamer les travaux de réparation.

Il souligne également que l’entreprise était associée à des Premières Nations, notamment la communauté de Peguis.

Mais un autre consortium cherche aussi à acheter les installations ferroviaires et portuaires. En novembre dernier, un fonds d'investissement de Toronto, Fairfax Financial, annonçait un partenariat avec One North, un groupe de Premières Nations et communautés situées le long de la voie ferrée.

« On espère que les opérations [de réparation] vont arriver d’une façon ou d’une autre cet été, dit M. Dufresne, mais je ne suis pas vraiment optimiste à ce sujet. »

Pas de négociations en public, dit Ottawa

Dans une déclaration écrite, un porte-parole du ministère des Ressources naturelles souligne que la priorité du gouvernement fédéral reste « la sécurité et le bien-être des personnes touchées par la perte du service ferroviaire ».

« Nous continuerons à travailler étroitement avec la ville de Churchill, la province du Manitoba et les autres pour soutenir les intérêts immédiats et à long terme de la région », poursuit-il, ajoutant qu’ « aucune négociation avec les parties ne sera menée en public ».

Dans un courriel, le président d’OmniTRAX Canada, Merv Tweed, dit être déçu que le groupe iChurchill se retire des négociations. « Nous avons toujours été prêts à engager des discussions constructives avec toute partie réellement intéressée, et nous poursuivons les conversations avec des acheteurs potentiels. Nous restons engagés à travailler avec diligence pour arriver à une solution qui permettra au chemin de fer d’être réparé cette saison ».

Avec des informations de Christian Riou et Sean Kavanagh

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