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Christine Lagarde relativise la montée du protectionnisme aux États-Unis

Hillary Clinton et Donald Trump peuvent bien s'opposer aux grands accords internationaux de libre-échange, mais le prochain président américain risque plutôt d'avoir un discours différent au lendemain de l'élection du 8 novembre.

Un texte de Mathieu Gohier

C'est du moins ce qu'estime la directrice du Fonds monétaire international (FMI). Dans une entrevue accordée à l'émission Les coulisses du pouvoir, Christine Lagarde tempère la montée du protectionnisme chez le plus important partenaire commercial du Canada.

« Il y a un discours électoral, il y a des périodes d'élections et puis il y a ensuite la réalité économique », soutient-elle.

À plusieurs reprises, autant la candidate démocrate que son adversaire républicain ont exprimé leur opposition au Partenariat transpacifique (PTP).

Hillary Clinton, d'abord en faveur de cet accord lorsqu'elle était secrétaire d'État, estime aujourd'hui qu'il nuirait à l'emploi aux États-Unis.

« Il est vrai que, trop souvent par le passé, les accords commerciaux ont été vendus au peuple américain avec ces scénarios prometteurs qui se révélaient décevants », reconnaissait-elle au mois d'août.

La candidate à la présidence a cependant exprimé plus d'une fois son soutien à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), conclu par son mari Bill Clinton alors à la Maison-Blanche.

Un accord tout aussi décrié que le PTP par Donald Trump, qui a déjà qualifié de « catastrophique » l'ALENA. S'il est élu, le républicain promet de renégocier cette entente.

Mais la directrice du FMI, de passage au Canada où elle prononçait mardi un discours lors d'un événement organisé par l'Institut C.D. Howe à Toronto, estime que les États-Unis dépendent trop du libre-échange pour fermer leurs frontières.

Une mondialisation perfectible

Mme Lagarde ajoute que les États-Unis ont été les grands gagnants de l'ouverture des marchés internationaux, ce qui ne signifie pas cependant que les accords comme l'ALENA n'ont pas créé des disparités. La directrice du FMI va même jusqu'à dire que certains aspects des accords de libre-échange mériteraient d'être corrigés.

« Tout ce qui concerne les indications géographiques, la protection d'un certain nombre de facteurs culturels et sociaux doit être au coeur des accords », plaide la directrice du FMI.

Dans son plaidoyer pour le libre-échange, Christine Lagarde insiste pour dire que le prochain combat pour faire avancer la mondialisation sera d'éliminer le protectionnisme dans le domaine des services.

« Le monde change, il est maintenant dominé par les services, c'est le secteur d'activité sur lequel on a encore de très nombreuses barrières tarifaires. »

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