La livre britannique est brièvement tombée vendredi, lors des échanges asiatiques, à son niveau le plus bas depuis 1985, ravivant ainsi les craintes d'un Brexit.

Peu après 8 h à Tokyo, la livre sterling a ponctuellement chuté à 1,1841 $US, enregistrant son niveau le plus bas en 31 ans. Deux heures plus tôt, elle valait 1,2614 $US, soit un décrochage brutal de 6,1 %.

Au moment où la livre dégringolait, l'euro montait à 94,15 pence contre 88,42 pence un peu plus tôt, un niveau inédit depuis début 2009. Quelques heures après, la devise britannique a rapidement effacé une bonne partie de sa dégringolade pour atteindre 1,2444 $US.

Des courtiers ont évoqué des raisons techniques pour expliquer cette chute brutale, liée à la « volatilité des marchés » qui redoutent la sortie du pays de l'Union européenne, selon le ministre britannique des Finances, Philip Hammond.

De leur côté, les autorités monétaires sont sur le qui-vive. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney, a affirmé que son institution examine ce qui s'est passé. Il a rappelé que la livre n'avait pas été aussi secouée depuis l'annonce des résultats du référendum du 23 juin sur le Brexit.

Mark Carney a par ailleurs saisi la Banque des règlements internationaux (BRI), considérée comme la banque des banques centrales, pour mener une enquête.

La livre a été sous forte pression cette semaine après l'annonce par la première ministre britannique, Theresa May, du lancement d'ici fin mars 2017 de la procédure de sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni.

Cette chute éclair se produit alors que le mouvement de défiance touche la dette britannique et que les investisseurs vendent leurs obligations, ce qui fait monter les taux d'emprunt. Elle survient dans un contexte où se dessine la perspective d'un divorce sans compromis sur le plan économique avec Bruxelles, ce qui serait le pire scénario pour les milieux d'affaires, avec une possible perte de l'accès au marché unique.

Le président français, François Hollande, qui estime que le Royaume-Uni a décidé de faire un « Brexit dur », a plaidé jeudi soir pour la « fermeté » face à Londres dans les futures négociations.