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Clinton, Trump, taxes, commerce et économie : ce que vous devez savoir

Entre les insultes, les problèmes de santé et les scandales, il faut s'intéresser aux faits, aux propositions, au contenu des candidats à la présidence des États-Unis.

Un texte de Gérald Fillion

À sept semaines de l'élection américaine et tout juste avant le premier débat Clinton-Trump lundi soir, voici les propositions majeures des candidats des deux principaux partis sur les taxes, le commerce, l'économie.

HILLARY CLINTON, candidate démocrate

Taxer les plus riches :

  • surcharge de 4 % sur les revenus au-delà de 5 millions de dollars par année, ce qui équivaut à ajouter un palier d'impôt à 43,6 %;
  • hausse d'impôt pour les investisseurs qui conservent un placement pendant une courte période. Par exemple, le gain en capital sera taxé au plus haut taux d'impôt, à 39,6 % sur un placement conservé entre 12 et 24 mois;
  • hausse de la taxation du gain en capital pour ceux et celles qui gagnent plus de 400 000 $ par année;
  • taux d'impôt minimal de 30 % pour ceux et celles qui gagnent plus de 1 million de dollars par année;
  • création de nouveaux paliers d'imposition sur la succession à 45 % (succession dépassant 3,5 millions de dollars), à 50 % (sur 10 millions et plus), à 55 % (50 millions et plus) et à 65 % (500 millions et plus);
  • obligation pour les PDG de grandes entreprises de payer, à même leurs revenus, une partie des amendes imposées à leur société;
  • taxation des transactions à haute fréquence (réalisées avec des algorithmes informatiques).

Taxer les banques et les multinationales :

  • création d'une « taxe sur le risque » pour les banques qui ont plus de 50 milliards de dollars en actifs (et qui utilisent l'effet de levier pour réaliser des rendements supérieurs);
  • création d'une « taxe de sortie » pour les entreprises qui réalisent une acquisition à l'étranger dans le but de profiter d'un avantage fiscal en y déménageant leur siège social. L'américaine Burger King l'a fait en achetant Tim Hortons et en établissant son siège social au Canada, parce que le taux d'imposition y est plus faible qu'aux États-Unis. Même scénario pour Valeant, qui a acheté Biovail en Ontario, puis qui a déménagé à Laval, au Québec, pour bénéficier de généreux crédits d'impôt.

Soutenir les petites entreprises :

  • baisse d'impôt pour les petites entreprises qui comptent de un à cinq employés, qui pourront profiter de déductions fiscales et d'une réduction des exigences administratives.

Aider les travailleurs :

  • hausse du salaire minimum fédéral à 12 $ l'heure (actuellement à 7,25 $; les États peuvent adopter un salaire minimum plus élevé);
  • bonification des avantages sociaux des travailleurs;
  • encouragement aux entreprises pour les inciter à partager leurs profits avec leurs employés;
  • soutien aux syndicats et appui à la négociation de conventions collectives.

Stimuler l'économie :

  • injection de 55 milliards de dollars par année dans les infrastructures pour réparer et construire des routes, des ponts, pour développer le transport en commun, l'Internet (afin que 100 % des foyers américains aient accès à la haute vitesse en 2020), les infrastructures d'eau, le transport ferroviaire de marchandises, pour améliorer les installations aéroportuaires, etc.
  • création d'une banque des infrastructures;
  • investissement de 9 milliards de dollars par année pour entretenir les pipelines, réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider les anciens travailleurs du charbon.

Repenser le commerce international :

  • opposition au Partenariat Transpacifique, accord de libre-échange dont le Canada fait partie et qui doit être ratifié dans chacun des 12 pays signataires;
  • menacer de représailles les pays, comme la Chine, qui ne respectent pas les règles internationales en matière de commerce;
  • miser sur une politique du « Buy American » pour maintenir les emplois manufacturiers aux États-Unis.

Soutenir les familles :

  • renforcer la Loi d'accès aux soins de santé (Obamacare);
  • offrir aux femmes des congés de maternité payés par les entreprises;
  • refinancer les dettes étudiantes, investir 35 milliards de dollars pour réduire le fardeau que ces dettes représentent pour 40 millions d'Américains;
  • offrir un financement aux États qui ouvrent la voie à la maternelle à 4 ans.

DONALD TRUMP, candidat républicain

Baisser les impôts pour tous, surtout les plus riches :

  • réduction de 7 à 3 paliers d'imposition (12 %, 25 % et 33 %) pour les particuliers et baisse d'impôt sur tous les paliers, ce qui retrancherait 9500 milliards de dollars en revenus pour l'État sur 10 ans, selon les estimations;
  • impôts à 0 pour les personnes seules dont les revenus se situent entre 0 et 25 000 $, pour les couples mariés dont les revenus sont entre 0 et 50 000 $ et pour les chefs de famille dont les revenus se trouvent entre 0 et 37 500 $;
  • le taux d'impôt sur les revenus les plus élevés va passer de 39 % à 33 %.
  • abolition de la taxe minimale à payer pour les revenus les plus élevés, une taxe qui avait pour but de s'assurer que les plus riches, qui ont accès à des déductions, paient leurs dûs;
  • abolition de la « pénalité mariage », qui fait en sorte que deux personnes mariées ayant des revenus élevés paient plus d'impôts en faisant des déclarations séparées, plutôt qu'une déclaration commune;
  • abolition de l'impôt sur la succession.

Soutenir les entreprises :

  • réduction du taux d'impôt des entreprises de 38 % à 15 %, mesure qui coûterait 3500 milliards de dollars sur 10 ans.

Taxer les multinationales :

  • exiger des entreprises le retour de leur argent aux États-Unis. Une occasion sera donnée aux entreprises de rapatrier cet argent à un taux d'impôt de 10 %;
  • s'assurer que les revenus des dirigeants de fonds spéculatifs sont taxés au plus haut taux d'imposition et non au niveau de la taxe sur le gain en capital.

Investir dans la défense, couper dans l'environnement et l'éducation :

  • faire passer le budget militaire de 3 % à 6,5 % du PIB, dans le but d'investir massivement dans la lutte contre le groupe armé État islamique, pour envoyer des troupes en Syrie, en plus d'annuler l'entente sur le nucléaire avec l'Iran;
  • couper dans le « gras » de l'appareil gouvernemental pour réduire le déficit - de 500 milliards de dollars dans le dernier budget - ce qui représente 12 % du budget actuel du gouvernement américain. En 2025, pour atteindre le déficit 0, 21 % des dépenses de programmes devront être abolies;
  • abolition du département de l'Éducation et de l'Agence de protection de l'environnement;
  • abolition de la Loi d'accès aux soins de santé (Obamacare).

Repenser le commerce international :

  • négociation de meilleures ententes commerciales et de libre-échange;
  • taxe sur les exportations de la Chine et du Mexique vers les États-Unis;
  • amorcer de nouvelles négociations sur l'Accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique;
  • opposition au Partenariat Transpacifique;
  • considérer la Chine comme un manipulateur de devise, en la sous-évaluant, selon le candidat républicain (en 2015, la Chine a commencé à laisser libre cours à sa devise, qui a perdu de la valeur depuis);
  • ramener les emplois perdus aux mains du Japon, de la Chine, du Mexique alors que les Américains ont perdu 34 % de leurs emplois manufacturiers entre 1998 et 2010;
  • ériger un mur entre les États-Unis et le Mexique, payé par le Mexique.

Soutenir les familles :

  • déduction pour enfants de 13 ans et moins et les aînés en situation de dépendance : les parents pourront déduire des dépenses consacrées à leurs enfants (jusqu'à 4 enfants);
  • création d'un régime enregistré d'épargne pour enfants et futurs étudiants auquel les parents et les entreprises pourront contribuer jusqu'à 2000 $ par année, non imposables. Pour les familles à faibles revenus qui voudraient contribuer à un tel régime, l'État mettrait jusqu'à 1000 $ par année;
  • offrir un congé de maternité garanti de six semaines, qui serait financé à même les sommes versées par les entreprises pour l'assurance emploi;
  • permettre aux consommateurs d'acheter des médicaments à l'étranger.

Promesses générales :

  • Donald Trump promet d'être le plus important créateur d'emplois dans l'histoire des États-Unis. Après vérification, il faudrait une création d'au moins 21,5 millions d'emplois pour dépasser le président Bill Clinton durant ses 8 années au pouvoir. En pourcentage, sous Bill Clinton, le nombre d'emplois a progressé de 19,6 %. Aujourd'hui, une telle hausse équivaudrait à 29,3 millions d'emplois. Cela dit, Hillary Clinton affirme que durant un premier mandat, il se créerait 10,4 millions d'emplois aux États-Unis;
  • Donald Trump promet de faire progresser le PIB de 6 % par année. Les économistes ne croient que cette projection est réaliste et estiment qu'elle entraînerait une forte poussée d'inflation.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

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