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Comment acheter « canadien » quand on fait son épicerie?

Ketchup, whisky, lait... Les produits américains ne manquent pas dans les supermarchés au Canada. Mais certains consommateurs pourraient se demander s'il existe des solutions de rechange canadiennes, à la suite des tarifs douaniers imposés sur bon nombre d'entre eux par Ottawa, en représailles aux tarifs américains sur des produits canadiens.

Un texte de Mathilde Monteyne

D’après Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l’Université Dhalousie, à Halifax en Nouvelle-Écosse, remplacer tous les produits provenant des États-Unis par d’autres made in Canada peut s’avérer compliqué.

Toutefois, Sylvain Charlebois explique que, dans la liste des produits américains visés par Ottawa, bon nombre ont une solution de rechange canadienne. « Ça ne veut pas dire qu’elle est moins chère, mais quand même il y a des choix à faire », précise-t-il.

Selon lui, repérer l’origine d’un produit est plus facile en périphérie des magasins, où se situe par exemple la section des fruits et légumes, et où « on affiche souvent et clairement le pays d’origine ».

Plus spécifiquement, ce professeur conseille aux personnes désireuses d’acheter « canadien », de se tourner vers les produits laitiers, et particulièrement le yogourt.

Il mentionne également les viandes comme le boeuf, le porc et le poulet. Les concombres et le ketchup possèdent aussi leurs équivalents canadiens.

Ce n'est, en revanche, pas le cas des oranges. Il ajoute que l’origine des fruits de mer est compliquée à déterminer.

Un produit dont l’emballage présente une feuille d’érable n’est pas forcément entièrement canadien, explique Sylvain Charlebois, qui précise que « ça peut être un produit qui a connu sa dernière étape de transformation au Canada ».

Une différence à la caisse ?

Les tarifs douaniers imposés sur les produits courants ne dépassent pas 10 %. Sylvain Charlebois doute que le consommateur le ressente puisque, pour assurer les ventes et l’écoulement des stocks, les distributeurs absorbent les coûts.

Selon lui, l’affaiblissement du dollar canadien est plus préoccupant.

« Le dollar canadien qui faiblit peut affecter l’ensemble du panier d’épicerie, et pas juste quelques sections », explique-t-il.

Toutefois, à quelque chose malheur est bon. « On pourrait, du coup, voir certains transformateurs émerger, parce que le prix de certains produits américains pourrait augmenter », dit-il.

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