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Comment éviter le conflit avec des ours noirs affamés

La province met en garde les Manitobains : les ours noirs sortent de l'hibernation, et ils ont faim. Et dans les régions où il y a encore de la neige, ils risquent de s'aventurer chez les humains si de la nourriture y est disponible.

En général, les 25 000 à 35 000 ours noirs du Manitoba sont actifs d’avril à octobre, indique la biologiste spécialiste en gestion de conflits entre humains et faune sauvage de la province Janine Stewart.

« Pour les ours qui sortent de leurs tanières, il sera difficile de trouver de la nourriture s’il y a encore de la neige. S’il n’y a pas assez de nourriture disponible, certains décideront de retourner dans leur tanière et d’autres pourraient être attirés par des zones développées par les humains à la recherche de nourriture », dit-elle.

« Nous encourageons les gens à prendre de précautions pour éviter ce genre de conflits. On recommande de nourrir les animaux domestiques à l’intérieur de la maison, de s’assurer que les ordures ne sont pas accessibles aux ours, donc dans le garage ou des poubelles résistantes aux ours, et aussi de décrocher toute mangeoire », affirme la biologiste.

Elle recommande fortement de tenir les chiens en laisse en campagne, car il y a déjà eu plusieurs incidents où des chiens ont agité des ours noirs ou des coyotes, et ramené l’animal mécontent aux pieds du maître.

En moyenne, la province recense 1500 rencontres avec des ours noirs par année. Les incidents où la sécurité d’une personne est directement menacée sont extrêmement rares, dit-elle. Trois attaques fatales d’ours noirs sont enregistrées dans l’histoire du Manitoba.

Malgré la faim des ours qui sortent de l’hibernation, le mois qui comptabilise le plus grand nombre de rencontres entre humains et ours est le mois d’août.

« À ce moment-là, les ours passent à la période d’hyperphagie ou leur appétit quadruple. L’animal qui consomme normalement 5000 calories par jour en consomme 20 000 en prévision de l’hiver », explique Mme Stewart.

Elle s’attarde au mythe du danger de la maman ours noir qui protège ses oursons : « Tout animal sauvage peut chercher à se protéger, protéger sa progéniture, ou encore sa nourriture. Mais c’est vraiment les grizzlis qui sont très protecteurs de leurs jeunes. Le conseil de ne jamais s’immiscer entre une maman ours et ses petits s'applique surtout aux ours grizzlis ».

« De la recherche démontre que les rencontres entre humains et ours noirs les plus dangereux impliquent des ours mâles plus âgés dans des régions très sauvages », note-t-elle.